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U.S.A., 1976, de John Guillermin, avec Jessica Lange, Jeff Bridges, Charles Grodin, John Randolph, René Auberjonois, Ed Lauter...
Pitch : Envoyé en Polynésie par la
"Petrox Company" pour y déceler l'existence d'une nappe de pétrole
sous-marine, au large de l'île du Crâne, Fred Wilson découvre un passager
clandestin à bord du bateau. Il s'agit de Jack Prescott, un zoologue de
l'Université de Princeton qui a eu connaissance de documents évoquant
l'existence d'un monstre préhistorique sur l'île du Crâne. En mer, on
recueille une jeune femme naufragée, Dwan. Arrivée sur l'île, l'expédition
se met en route vers un village situé à la base d'un mur immense. Dwan se
fait enlever par les indigènes qui l'entraînent de l'autre côté du mur...
Une
grosse banane
C'est
en entrant dans la chambre de sa fille Francesca et en apercevant un poster
de King Kong accroché au mur que le producteur italien Dino De Laurentiis eut
l'idée d'en produire un remake. Réunion au sommet chez Paramount, Paul Diller
grand patron du moment, souhaite lui aussi mettre en chantier un grand film
de monstre, surtout qu'un certain Steven Spielberg vient d'entamer la
production de
Jaws (Les Dents de la mer) pour Universal. De Laurentiis confie son envie de
remake de l'œuvre de Cooper et Schoedsack. L'accord est donné dans la foulée.
La tour infernal (1974) qui a fait un malheur permet au réalisateur John
Guillermin de décrocher le poste de réalisateur. Le scénario est écrit par
Lorenzo Semple à qui l'on doit
Les trois jours du condor. A la demande du
producteur, Semple transpose l'histoire de 1933 à l'époque contemporaine
(entendez par là, les années 70), avec préoccupation écologique. Au départ
Barbara Streisand est pressentie pour le rôle féminin mais faute de
pouvoir s'accorder sur une date, il faut trouver une remplaçante. La rumeur
enfle à Hollywood sur l’identité de l’élue et De Laurentiis s'en amuse. C'est donc dans le plus grand secret lors d'une conférence
de presse que le nabab
va dévoiler le choix de Jessica Lange, jeune top model qui va tenir ici son
premier rôle cinématographique. Ce qui est sûr, c'est que De Laurentiis veut
frapper un grand coup. S'il annonce un
King Kong ultra spectaculaire,
le film
ne vise aucune restriction d'âge. Lors de la même conférence, Jessica pose
dans une main géante de Kong qui finit par se dérégler et plonge les
journalistes dans un brouillard complet. C'est que le producteur s'est mis en tête
de construire un robot grandeur nature du gorille. Pour mener ce choix effarant
à terme, De Laurentiis engage l'italien Carlo Rombaldi (futur papa de la
marionnette d'E.T) et l'américain Glen Robinson qui vont prendre en charge la
construction du robot. L'équipe de Rombaldi qui ne parle pas un mot
d'anglais aura bien du mal à communiquer avec l'équipe américaine et vont
s'ignorer. Ce n'est pas un mais deux robots qui sortent des entrepôts MGM loué à
l'occasion, dont un totalement statique. Devant la tournure des évènements
John Guillermin prend les devants, il embauche Rick Baker spécialiste des
costumes et maquillage simiesque. Baker doit travailler en concertation avec
Rombaldi pour un déguisement que portera un comédien pour les plans de coupe où ne sera
finalement pas utilisé le robot. Mais la collaboration entre les deux hommes se
révèle un échec. Baker travaillera donc seul de son côté.
Alors
que les échecs s'accumulent quant à la conception du monstre, les prises
de vue démarre avec les comédiens. Non sans problème, le plateau de la grande
muraille prend du retard, puisqu'elle sera construite elle aussi en grandeur
nature : L'échec des équipes de Robinson et Rombaldi provient d'un manque de communication insurmontable, imputable à un producteur mégalomane qui a vu son Kong plus grand que nature, et qui a encouragé et orienté le tournage vers une suite de catastrophe aberrante pour une production aussi gigantesque de 26 millions de dollars. La plupart des scènes avec le singe à l'écran sont celle de Rick Baker déguisé, excepté les inserts gros plans des mains et de la tête mécanisée, ou des plans larges qui ne laisseront jamais soupçonner un robot géant paraplégique. Le résultat d'un tel bazar est assez ridicule. Le scénario offre un panel de personnages caricaturaux à l'extrême. Jeff Bridges est le bon boy-scout écolo moralisateur, Charles Grodin (plus habitué au rôle de gentil dans Beethoven) un horrible exploitant pétrolier opportuniste sans aucune éthique et considération, quant à la sublime mais pauvre Jessica Lange, elle en est réduite à jouer les bimbos nympho complètement idiote. Les scènes de King Kong sont beaucoup moins réussies que l'original de 1933, preuve en est, pour se défouler le roi des singes n'aura ici qu'un serpent géant, marchant par à coup où Baker à dû se dépatouiller avec cette chose risible en se roulant par terre. Adieu les dinosaures et monstres, il ne faut pas trop en demander à une équipe aussi ingérable.
Ne parlons pas de la soi disant tension sexuelle qu'on a souvent vanté, avec un ridicule effeuillage d'un doigt peu souple, et la scène où Kong après avoir lavé sa protégée sous une cascade lui souffle dessus pour la sécher est trop culte de bêtise pour être oubliée ! Des pépites comme ça, le film en contient des dizaines, avec un Kong capable de nager pour éviter un pont rempli de militaire ou des problèmes d'échelle constans lorsque le singe est ramené vers New York dans la cale d'un pétrolier. Néanmoins, tout n'est pas à balancer, la bête arrive quand même à gagner notre affection vers la toute fin où elle se retrouve criblée de balles dans un déluge d'effets gore assez osés pour une oeuvre standard. Et cet ultime plan où l'animal étendu au milieu de la foule se fait mitrailler par les journalistes, devant une Dwan (Jessica Lange) enfin célèbre, telle qu'elle l'a certes rêvé mais à quel prix. Heureusement pour nous, les mythes ont la peau dure, on n’achève pas si facilement les géants. Le film se fera massacrer au box office par le Jaws de Spielberg (tournage aussi cauchemardesque mais chef-d'œuvre à l'arrivée). Son succès, il le devra pour beaucoup à son exploitation vidéo. Ce qui n'a pas empêcher 10 ans plus tard à Dino De Laurentiis de produire une suite, toujours réalisée par John Guillermin dans un King Kong 2 nanardesque où notre gorille préféré est ressuscité grâce à une greffe de cœur artificiel... mais cela est une autre histoire. Cédric Gentaz
DVD
zone 2, double disque. Edité par Studio Canal, le film est entièrement
remasterisé 4/3 et 16/9, avec pistes sonore 5.1 et DTS. Sur le DVD bonus,
vous trouverez l'intégrale des scènes coupées (30 minutes environ), photos de
tournage ainsi que la bande annonce d'époque. Et un livret collector qui
va tenter de vous faire comprendre en quoi le King Kong de 1976 est un grand
film !
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