CINÉMA

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BASIC
U.S.A., 2002, de John McTiernan, avec John Travolta, Connie Nielsen, Samuel L. Jackson, Timothy Daly, Giovanni Ribisi... 
Pitch : Le Lieutenant Julia Osborne doit travailler malgré elle avec l’agent de la brigade des Stupéfiants Tom Hardy sur la disparition du Sergent Nathan West et de sa troupe d’élite dans les jungles de Panama. Tom Hardy a une sale réputation dans le milieu : on le soupçonne d’avoir été acheté par certains narcotrafiquants. Mais le Colonel Bill Styles lui fait confiance, d’autant plus que Hardy a une façon qui lui est bien propre de mener les interrogatoires. Osborne et Hardy vont tenter de percer la vérité en interrogeant un certain Dunbar, l’un des deux rescapés de la troupe. Mais tout le monde a quelque chose à cacher... 

 

La scène du mensonge

"Le cinema n'a jamais fait partie de l'industrie du spectacle, mais de l'industrie des cosmétiques, de l'industrie des masques, succursale elle-même de l'industrie du mensonge." Jean Luc Godard 

    En s'attardant sur le dispositif narratif de Basic, on ne peut nier sa volonté de ne jamais éclaircir le récit. Ni même de passer d'une version à une autre sans recul, pour laisser l'impression d'une gigantesque scène - théâtre pirandellien ou la répétition d'un instant serait rejoué sur différents modes - pour finalement en tirer un non sens détaché et incongru. L'action présente réceptionne les faits, le passé protéiforme est la mise en scène de ses faits, un déguisement mensonger, jeu de masques interchangeables à l'infini où la forme produite par les mots serait sans cesse réinventer. Mais donner à l'œil et la pensée du spectateur cette réception demande une mise en scène du mensonge même dans le présent. Notre regard est celui de Julia Osborne (Connie Nielsen) lorsque Tom Hardy (John Travolta) arrive sur la base et que le colonel le prend à part. Osborne est alors laissé de côté, isolé dans un espace de frustration. La caméra recule lentement en travelling arrière sur les deux protagonistes en train de parler. Ce qu'ils ont pourtant dit, on ne le sait pas, McTiernan nous fait rentrer de plein pied dans son jeu (n'oublions pas que ce n'est qu'un artifice), afin d'en broyer les mécanismes.

    C'est que le mensonge est exigeant, il ne sera d'ailleurs jamais remis en question puisque pour le faire il faudrait le coltiner à une vérité tout aussi exigeante qui ne nous ait jamais donné, seule façon d'en annihiler ses différentes mascarades. Hors, Basic propose habilement une boucle (tel le 8 utilisé comme chiffre de l'infini) et tant que l'unité de lieu sera la base militaire, le spectateur tout comme Julia sera condamné à tourner en rond (incessant aller - retour entre les deux témoins). La vérité ne peut s'imposer qu'en dehors. Vers la fin du film, l'action se déplace dans les rues, en plein carnaval (ça en dit long), puis lorsqu'elle pénètre dans un immeuble, elle tombe sur un aveugle. Notre vue a été flouée durant tout se temps mais pour la première fois, nous allons y voir clair.  D'une façon plus générale, on peut alors se poser une question : dès lors qu'il y a mise en scène, l'image ment-elle ?  Tout est-il affaire de masques et de travestissement ? Basic doit être vu - surtout venant de McTiernan (un homme qui n'a plus rien à prouver, détaché du système, questionnant l'image) -  comme un aveu de désillusion puissant, démontrant la subversion et le pouvoir du faux d'une industrie prête à manipuler le regard et les sens au profit d'une certaine corruption artistique. Si lors de la première vision notre regard est celui de Julia, il reprend sa place dès la seconde. Basic révèle alors son cœur. Puisque tout a déjà été dit et joué, que nous sommes dans la confidence, nous ne pouvons qu'être complice du mensonge. Sa finalité s'est peu à peu transformée car notre regard est venu se confondre à celui de Travolta. Et qu'on se le dise, il n'a d'yeux que pour elle. Cédric Gentaz

 

 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma