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THE GREEN MILE (LA LIGNE VERTE)
1999, U.S.A., de Frank Darabont, avec Tom Hanks, David Morse, Bonnie Hunt, Michael Clarke Duncan, James Cromwell, Doug Hutchison, Patricia Clarkson, Harry Dean Stanton, Gary Sinise...
Pitch : Dans une maison de retraite, Paul Edgecombe, un centenaire, raconte à son amie ses souvenirs du temps où il était gardien-chef dans le couloir de la mort au pénitencier de Cold Mountain. En 1935, une rencontre avec un détenu hors du commun à tous points de vue allait bouleverser sa vie à tout jamais..
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La ligne qui mène à la mort

    En 1996, Stephen King, spécialiste de l'épouvante, publiait The Green Mile sous forme d'un roman-feuilleton en six épisodes, fascinant, bouleversant et qui se démarquait de ses grands succès littéraires (Carrie, Shining...) tout en restant dans le domaine du fantastique. Le cinéaste Frank Darabont (qui avait déjà tourné un brillant film de prison, The Shawshank Redemption/Les Evadés avec Tim Robbins et Morgan Freeman en 1994) a choisi la fidélité au texte et a parfaitement su restituer sur grand écran les qualités du roman, aidé en cela par des acteurs tous formidables. Il s'est simplement permis de faire dérouler l'action en 1935 au lieu de 1932, et a dû supprimer certains passages comme l'accident qui coûta la vie à la femme de Paul Edgecombe des années après les faits qui nous sont contés, ou encore la copie conforme de Percy Wetmore (le jeune et sadique collègue de Paul au pénitencier) qui persécute sans cesse Paul à la maison de retraite. Malgré tout, le film atteint la durée respectable de trois heures et des poussières, sans pour autant que l'on s'ennuie une seconde. 

    Tout commence dans une maison de retraite qui fait aussitôt penser (la musique de fond, sans doute) à l'hôpital psychiatrique de One Flew Over the Cuckoo's Nest/Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman (1975). Un vieil homme plutôt alerte pour son âge (plus de cent ans !) se remémore à la vision d'un film avec Fred Astaire et Ginger Rogers (Top Hat de Mark Sandrich) de lointains souvenirs qui le hantent depuis plus de soixante ans (et on peut le comprendre) ! Dans ce pénitencier de Louisiane des années 30, au bloc E où étaient envoyés les prisonniers condamnés à la chaise électrique, travaillait Paul Edgecombe (Tom Hanks, excellent comme toujours), un gardien-chef consciencieux et humain, avec ses collègues et amis tels Brutus Howell. Ils accueillaient les prisonniers, veillaient sur eux jusqu'à leur exécution, un boulot somme toute routinier et sans incident notable pour ces gardiens très professionnels. Jusqu'à l'arrivée de deux personnes, incarnations du Bien et du Mal, mais sous le coup d'une injustice dont la conscience de Paul ne se remettra jamais, le Bien est contenu chez un condamné à mort, un Noir colossal, quasi-analphabète et un peu attardé nommé John Caffey (très belle performance de Michael Clarke Duncan, que l'on a revu dans Planet of the Apes de Tim Burton), le coupable idéal pour le viol et le meurtre de deux fillettes blanches, toutes deux retrouvées dans les bras de Caffey... Sa culpabilité n'avait fait aucun doute pour les jurés. Paul Edgecombe, lui, allait se poser des questions en découvrant l'immense don de guérisseur qu'il possède et que personne avant Paul n'avait remarqué chez Caffey. Car ce dernier n'est pas seulement un innocent que l'on a condamné à mort, ce qui distingue The Green Mile par rapport à d'autres films plus conventionnels (n'oublions pas que Stephen King est derrière tout ça !). 

    Bien sûr, il faut comme Paul avoir été le "patient" de ce colosse pour se convaincre qu'un homme qui détient un tel pouvoir bienfaiteur dans ses mains ne peut être un meurtrier. Mais quand la justice a tranché, difficile de faire marche arrière... surtout lorsqu'un gardien nommé Percy Wetmore, pistonné pour arriver à ce poste et aussi lâche que sadique, décida d'apporter sa contribution dont Paul se serait bien passé. C'est bien en Percy qu'il faut trouver le Mal, mais Paul et ses collègues savent bien qu'on ne peut faire grand chose contre lui. Enfin, on n'oubliera pas ce petit témoin malicieux et privilégié des aventures tragi-comiques du pénitencier de Cold Mountain, une petite souris adoptée par un prisonnier et nommée Mister Jingles. Il vaut mieux ne pas tout dévoiler et laisser au spectateur le plaisir d'un superbe film aux personnages pour la plupart très attachants, une oeuvre émouvante et amère (moins toutefois que le roman), non dénuée d'humour (par exemple la présence d'Harry Dean Stanton dans le rôle du vieux "Toot-Toot" qui participe aux "répétitions" avant une exécution), et qui sonne juste du début à la fin. Une bonne surprise au milieu du commun des productions hollywoodiennes actuelles. A ne pas rater. Emmanuel Coll

 

 

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