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SUE  

SUE (SUE PERDUE MANHATTAN)
1998, U.S.A., d'Amos Kollek, avec Annan Thomson, Matthew Powers, Tahnee Welch
Pitch : Sue est célibataire, habite New York mais n'a pas payé son loyer depuis plusieurs mois. Son propriétaire se charge de le lui rappeler. elle part en quête d'un emploi qui lui permettrait de régler les 1200 $ qu'elle doit.

 

"Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part"

    Sue est sans conteste le meilleur des trois derniers films réalisés par Amos Kollek avec Anna Thomson, actrice d'ailleurs révélée au public français avec cette première collaboration. Depuis Sue, le rapport qu'entretiennent les cinéphiles de l'hexagone avec Amos Kollek rappelle celui développé au début des années quatre-vingt dix avec Hal Hartley, autre cinéaste américain indépendant. Avec chaque nouveau film, Kollek poursuit l'exploration de son cinéma et de ses thèmes (la ville -New York en particulier-, la solitude, l'incommunicabilité) mais aussi celle d'une actrice, devenue égérie (depuis qu'il tourne avec Anna Thomson, Kollek avoue avoir trouvé une liberté comme s'il commençait enfin à faire le cinéma qu'il voulait). 

    Anna Thomson illumine en effet Sue de sa présence à la fois fragile et ineffaçable (elle est pratiquement omniprésente à l'écran),  élégante et malhabile, maladive et roborative. Son corps, sa voix, son visage hantent le film comme Kim Hunter pouvait en son temps hanter celui de Mark Robson, le sublime The Seventh Victim (La septième victime, 1943). Il y a d'ailleurs un rapport entre les deux films, dans le sens où malgré ses démarches avec la vie (Sue cherche du travail pour pouvoir s'affranchir des 1200 $ réclamés par son propriétaire), l'héroïne semble d'une certaine manière avoir abandonné tout espoir comme si les lieux, Manhattan, ou son âge, la quarantaine, la conspuaient. Sue est généreuse d'elle-même, n'hésite pas à se donner par dépit (elle montre dès le début du film sa poitrine à un vieillard qui le lui demande, elle couche avec ceux qui en émettent le désir), comme si c'était l'unique moyen de lutter contre sa solitude maladive. Elle ne peut dépenser ses mots, qui deviennent alors mal assurés (voir ses multiples entretiens d'embauches), elle dilapide donc son corps qui semble s'étioler tout au long du film. Elle en perd le contrôle, l'identité jusqu'à l'épuisement. Sa solitude maladive vient de l'incompréhension des autres ou de leur désir égoïste : coucher avec elle, ne pas s'engager corps et âme dans une relation adulte. Sue ne trouve pas au fond de tous ceux qu'elle croise l'espérance qu'elle pouvait émettre en les abordant, à l'instar de Ben, personnage qui aurait pu changer sa vie mais qui ne semble voir que lui-même. 

    Sue est un magnifique portrait d'une femme (Amos Kollek semble être l'un des cinéaste masculins qui parvient à donner aux actrices des rôles autres que ceux de faire-valoir des hommes) aux prises avec les paradoxes et perversions des grandes villes où tout est permis mais rien n'est finalement, pour certains, possible  Anne Ségolène 

 

en savoir plus sur Amos Kollek : sa filmographie
en savoir plus sur Anna Thomson : sa bio-filmographie

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches