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RIDE THE HIGH COUNTRY (COUPS DE FEU DANS LA SIERRA)
1962, U.S.A., de Sam Peckinpah, avec Joel McCrea, Randolph Scott, Mariette Hartley, R.G. Armstrong, Warren Oates...
Pitch: Deux anciens shérifs et le jeune second de l'un d'eux ont pour mission d'acheminer un chargement d'or depuis une réserve minière jusqu'à la ville...


Le western selon Peckinpah

    Deuxième long métrage de Sam Peckinpah (1925-1984), Ride the High Country se veut, dans la continuité de The Deadly Companions (New Mexico) en 1961, représenter le début d'une nouvelle ère dans le western, donnant la vedette à des héros (ou plutôt anti-héros) vieillissants et fatigués, derniers représentants en fin de compte d'un genre tout aussi usé, à son crépuscule. Quelques petites années en avance sur le "western spaghetti", Peckinpah obtint avec ce film son premier succès, et d'ailleurs Ride the High Country (au titre français banal, mais ce n'est pas surprenant) est devenu un classique du monde de l'Ouest.

    La première scène du film donne le ton : le respectable, respecté et honnête Steve Judd (Joel McCrea), à qui l'on va proposer une mission, entre en ville au cœur d'une fête foraine où a lieu une course entre des chevaux et un chameau. Il se fait appeler "grand père" par un homme qui lui fait remarquer qu'il gêne le déroulement de la course. Peu après, ceux-là même qui lui proposent d'assurer le transport d'une grande quantité d'or jusqu'à la banque lui font part de leur doute quant à sa capacité à assurer la sécurité du chargement. Judd fait donc appel à deux autres hommes, un ancien ami de confiance sensiblement du même âge (Randolph Scott) et le jeune homme qui l'accompagne, insolent, bagarreur et coureur de jupons, dont Judd se méfie un peu. Et c'est donc sur la cohabitation entre la légendaire sagesse des anciens et la fougue insouciante de la jeunesse que s'engage le périple vers la mine d'or, marqué par la rencontre d'un prêcheur et de sa charmante fille, ainsi qu'une bande de petites frappes nommées les frères Hammond (dont Warren Oates, l'acteur fétiche de Peckinpah). La première heure du film est somme toute convenue, si l'on excepte le fait que deux stars du western, Joel McCrea et Randolph Scott, sont représentées telles qu'elles sont devenues, dans des rôles de cow-boys fatigués et nostalgiques. Une première partie plutôt sage (on est loin de la surenchère de violence des films suivants de Peckinpah) où l'humour tient une place importante (notamment dans la scène où le juge alcoolique marie la fille du prêcheur avec l'un des frères Hammond).

    Heureusement, la dernière demi-heure (à peine) s'avère plus intéressante et davantage dans l'esprit Peckinpah, lorsque le virage vers la malhonnêteté que l'on attendait du jeune aventurier désireux de s'emparer de l'or, est finalement pris par le personnage de Randolph Scott lui-même, las de constater que son honnêteté et son ardeur à faire le bien tout au long de sa vie ne lui ont pas apporté grand chose d'autre que le risque de finir entre quatre planches de bois. Non mais vraiment, où va t-on ? Bien évidemment, ce virage ne sera que provisoire, le sens de l'amitié triomphera, mais Judd, l'incarnation véritable de l'intégrité tout au long de sa vie, ne survivra pas au combat final. Une fin amère ouverte à un constat d'injustice qui rompt délibérément avec la grande tradition du western classique. Randolph Scott et Joel McCrea, particulièrement fiers du film, ont choisi alors de mettre fin à leur carrière après ce dernier tour de piste, "chant du cygne" idéal pour deux grands acteurs qui ont estimé qu'ils avaient tout dit au cinéma.

    Finalement, dans la carrière du réalisateur de The Wild Bunch (La Horde sauvage, 1969) ou The Getaway (Guet-Apens, 1972), Ride the High Country apparaît comme une semi réussite par rapport aux ambitions de Peckinpah autour de ce film qui aurait mérité d'être plus sombre, mais reste une oeuvre très plaisante. On verra ou reverra bien sûr dans la lignée de celui-ci The Shootist (Le dernier des géants, 1976) de Don Siegel, dernier film avec John Wayne, ou encore l'excellent Unforgiven (Impitoyable, 1992) de Clint Eastwood, qui, de la même façon que McCrea et Scott finissaient leur carrière avec le film de Peckinpah, ne peut se concevoir autrement que comme le dernier western d'Eastwood. Emmanuel Coll

 

bio-filmographie de Sam Peckinpah

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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