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PLATOON U.S.A., 1986, de Oliver Stone, avec Tom Berenger, Willem Dafoe, Charlie Sheen, Kevin Dillon, Forest Whitaker, Johnny Depp... Pitch : Issu d'un milieu aisé, le jeune Chris Taylor se porte volontaire pour combattre au Viêtnam en 1967. Témoin au milieu des horreurs sur le champ de bataille du conflit mortel opposant deux sergents des troupes américaines, il sortira profondément brisé et amer de cette expérience...
Le poids des souvenirs Platoon, c'est l'histoire d'un jeune homme américain âgé de vingt-et-un ans qui s'engagea dans l'armée et combattit au Viêt-Nam, pays qu'il connaissait déjà pour avoir enseigné à Saïgon quelques années plus tôt alors que les États-Unis n'étaient pas encore intervenus dans la guerre opposant le Viêt-Nam du Nord au Viêt-Nam du Sud. Revenu aux États-Unis avec des blessures physiques et surtout intérieures, de celles qui restent gravées à jamais, il devint par la suite scénariste et cinéaste, et réalisa donc en 1986 son quatrième long métrage et le premier des trois films qu'il consacra à la guerre du Viêt-Nam, avant Born on the Fourth of July (Né un Quatre Juillet) - dans lequel devaient à nouveau jouer mais dans des rôles différents Tom Berenger et Willem Dafoe - et Heaven and Earth (Entre Ciel et Terre). Oliver Stone témoigne vingt ans après de cette époque avec la virulence qu'on lui connaît à travers le personnage de Chris Taylor (Charlie Sheen), tout jeune étudiant qui plaque tout volontairement pour combattre aux côtés des autres recrues (très pauvres comme on peut se douter), suivant en cela les exemples de son grand père et de son père qu'il admire en défendant les valeurs traditionnelles de l'Amérique... Mais ce patriotisme et l'idéalisme propre à la jeunesse insouciante vont vite se trouver confrontés sur le champ de bataille à la peur puis au dégoût et à une forte remise en question concernant le sens de ce conflit où de nombreux civils trouvent une mort injustifiée et où les plus mauvais ne sont pas forcément à chercher dans le camp ennemi. Ainsi, le sergent-chef Barnes (Tom Berenger), dont la longue expérience du combat et les multiples cicatrices de guerre suscitent dans un premier temps l'admiration et le respect de Taylor, n'attire plus que sa haine lorsqu'il met un village à feu et à sang, abattant de sang froid une femme Vietnamienne et menaçant une fillette de son arme pour savoir où sont cachés les Viêt-Congs. A l'opposé de cette véritable machine à tuer dépourvue de sentiments et qui semble indestructible, le sergent Elias (Willem Dafoe) fait preuve de plus d'humanité, ce qui le conduira d'ailleurs à sa perte. Après de longues et épuisantes journées et nuits à combattre dans la boue au milieu des moustiques, des sangsues et des serpents, l'antagonisme entre Barnes et Elias va diviser les troupes américaines en deux "sous-camps", jusqu'à la scène où Elias part seul affronter un poignée d'ennemis Vietnamiens arrivant vers lui, puis continue son chemin dans la brousse tandis qu'on observe Barnes qui se dirige à son tour seul vers lui comme s'il était un autre de ses ennemis du conflit original. Elias lance un sourire à son supérieur lorsqu'ils se retrouvent face à face, l'arme de Barnes pointée sur lui. Sourire dans lequel se lit le ridicule de la situation : comment peut-on imaginer remporter un conflit dans lequel on doit autant se méfier de son propre camp que du camp adverse ? Taylor, écœuré, retournera au pays après avoir fait justice, l'esprit traumatisé par la vision de ces deux hommes s'affrontant pour défendre leur conception de la guerre, l'esprit traumatisé par la guerre tout simplement, tout comme Oliver Stone (qui apparaît brièvement en major dans le film). Platoon, qui remporta un grand succès public et critique (quatre Oscars dont meilleur film et meilleur réalisateur), demeure une autorité dans son genre de par son authenticité, ses images-choc, ses acteurs remarquables (dont des débutants prometteurs comme Forest Whitaker et Johnny Depp) et bien sûr la mémorable musique de Georges Delerue. Emmanuel Coll bio-filmographie d'Oliver Stone
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