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NORTH BY NORTHWEST (LA MORT AUX TROUSSES)
1959, U.S.A., d'Alfred Hitchcock, avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, Jessie Royce Landis, Leo G. Carroll, Martin Landau...
Pitch : A New York, Roger Thornill, un simple publiciste désirant aller au théâtre avec sa mère, est enlevé par deux hommes qui le prennent pour un certain George Kaplan. Les ennuis commencent pour Thornill qui est conduit dans la propriété d'un dénommé Lester Townsend, questionné puis contraint à boire une forte quantité d'alcool. Après avoir échappé de peu à la mort, ce même Thornill, désireux de faire la lumière sur cette méprise, est accusé du meurtre d'un diplomate aux Nations Unies... 

 

Au sommet de son art

    Vous connaissez sans doute (sans forcément l'avoir visité) le mont Rushmore, situé dans le Dakota du Sud aux États-Unis et représentant les visages sculptés des Présidents Washington, Jefferson, Lincoln et Theodore Roosevelt. Mais saviez vous que le point de départ de la conception de North by Northwest résida dans la simple idée d'Hitchcock de réaliser un film d'aventures ayant en partie pour cadre ce site ? Le cinéaste songea même à l'intituler L'homme sur le nez de Lincoln... En intégrant suspense et humour à une intrigue brillamment ficelée par Ernest Lehman (qui retravaillera avec le maître pour son dernier film, Family Plot/Complot de famille), Alfred Hitchcock allait faire de son œuvre l'un des sommets de sa carrière et l'un de ses plus grands succès publics. En outre, plus de quarante ans après sa sortie, North by Northwest reste gravé dans les mémoires des spectateurs pour la musique angoissante de Bernard Herrmann et les deux scènes cultes que constituent l'attaque de l'avion sulfateur et l'affrontement final sur le mont Rushmore. 

    Comme très souvent chez Hitchcock, la trame du film est basée sur un innocent pris pour quelqu'un d'autre et dès lors victime des situations les plus "dérangeantes"... Ici, le publiciste joué avec charme et humour par un Cary Grant en grande forme (qui tournait pour la quatrième fois avec le maître du suspense) tombe bien malgré lui au beau milieu d'un affrontement entre une mystérieuse organisation et le contre-espionnage. North by Northwest a beau être long (environ deux heures quinze), le scénario ne laisse place à aucun temps mort, hormis la scène où Eve Kendall, dont s'était épris Thornill, lui explique sa réelle position dans l'affaire, qui nous avait déjà été révélée peu avant dans le film. La séduisante mais ambiguë Eve, qui exerce son double jeu sur le héros, est personnifiée par Eva Marie Saint, comédienne peu prolifique (âgée de trente-cinq ans, ce fut seulement son cinquième film) mais rigoureuse sur le choix de ses films (elle remporta d'ailleurs l'Oscar du meilleur second rôle dès sa première apparition en 1954 dans On the Waterfront/Sur les quais d'Elia Kazan). Sans égaler une Grace Kelly, elle se sort à merveille de ce redoutable mais glorieux emploi chez Hitchcock (ce dernier pensera à elle pour jouer dans Torn Curtain/Le rideau déchiré, mais le studio s'opposera à ce choix à cause du déclin de l'actrice au milieu des années soixante). 

    Pour compléter cette belle distribution, nous avons droit à deux autres comédiens remarquables qui ne tournèrent qu'une seule fois pour le réalisateur: James Mason, dans son emploi privilégié de séduisant "méchant" cynique et raffiné comparable à Ray Milland dans Dial M for Murder (Le crime était presque parfait) déjà diffusé dans ce cycle Hitchcock, et Martin Landau en second couteau au regard diabolique. L'humour tient une place permanente dans North by Northwest sans pour autant faire chuter la tension et la peur, instaurées en particulier dans les deux scènes-clés du film. Pour ce qui est du morceau de bravoure que constitue la longue scène quasi silencieuse du désert, Hitchcock déclarait: "J'ai voulu réagir contre un vieux cliché: l'homme qui se rend dans un endroit où il va être probablement tué". Ainsi, partant de l'endroit sombre et étroit qui a maintes fois fait ses preuves dans les films à suspense, il imagina le décor opposé, "une plaine déserte, en plein soleil, pas de musique, ni de chat noir, ni de visage mystérieux derrière la fenêtre". Quant au subtil glissement de la scène sur le mont Rushmore à celle dans le train, il fut jugé par le cinéaste lui-même comme le final le plus "impertinent" qu'il ait jamais tourné... Un véritable bijou en tout cas en matière de divertissement que ce North by Northwest qui fait également figure de chef d'œuvre, à voir ou à revoir impérativement pour terminer en beauté cet hommage de la chaîne TCM. Signalons qu'Alfred Hitchcock est à l'honneur jusqu'au 24 septembre 2001 dans une exposition au centre Georges Pompidou, et en août sur les chaînes Ciné Cinémas avec la diffusion de plusieurs de ses films et remakes de ses classiques. Emmanuel Coll

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches