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MAGNUM
FORCE
Harry, un flic qui vous veut que du bien Deux ans après Dirty Harry (L'Inspecteur Harry) de Don Siegel, maillon incontournable du polar américain des années soixante-dix, Clint Eastwood reprend son rôle fétiche dans Magnum Force où cette fois-ci il affronte rien de moins que d'autres policiers appliquant une justice sommaire en éliminant froidement des truands, des proxénètes ou d'autres "hors-la-loi" ayant échappé aux sanctions judiciaires... Contrairement au personnage de Charles Bronson dans la série des Death Wish (Un justicier dans la ville), cette organisation secrète n'hésite pas non plus à éliminer les témoins de ses actions punitives. Dure affaire pour Harry Callahan, le flic individualiste et anarchiste, lui-même adepte de méthodes expéditives pour résoudre ses enquêtes, et qui a droit à l'admiration de jeunes policiers déjà très doués et faisant justement partie de ce groupuscule de véritables assassins qui prétendent pallier aux déficiences de la justice en place. En refusant d'y adhérer, Callahan casse une fausse image que certains spectateurs et critiques avaient eu de lui à la sortie du premier épisode, à savoir tout simplement l'image d'un facho. Certes, il critique assez durement (et sûrement avec raison, le sujet est toujours d'actualité) le système judiciaire trop lent à agir et appliquant des sanctions souvent bien légères. Mais la comparaison avec l'organisation qu'il affronte s'arrête là, car si Harry emploie souvent la violence pour arriver à ses fins, il ne se sert de son arme que sous couvert d'une légitime défense. Magnum Force, qui n'a pas pris une ride près de trente ans après sa sortie, se range presque au niveau du premier épisode, très rythmé, violent aussi (mais par rapport aux films d'aujourd'hui...) et retrouvant l'ambiance musicale de Lalo Schifrin qui reste un exemple du genre. Le test au stand de tir où Harry est défié par un jeune policier, et l'affrontement final figurent parmi les scènes mémorables du film. Il manque simplement l'atmosphère très sombre et le suspense prenant du film de Don Siegel, mais Ted Post assure avec brio la relève, aidé par un scénario à la hauteur (en marge des quatre autres épisodes de la série des Harry car on ne trouve pas les psychopathes habituels en guise de méchants) écrit par Michael Cimino (réalisateur en 1974 de Thunderbolt and Lightfoot/Le Canardeur avec Eastwood) et John Milius (également scénariste sur Dirty Harry et Apocalypse Now de Coppola et qui signa The Wind and the Lion/Le Lion et le Vent avec Sean Connery). Côté distribution, on reconnaîtra le futur Hutch de la série Starsky et Hutch, David Soul, et Robert Urich (les séries Baretta, Vegas) dans les rôles de deux des jeunes policiers. Pour la petite histoire, Kip Niven (qui incarne un autre des quatre motards) n'est autre que le fils de David Niven. Quant à Hal Holbrook, il devait jouer dans un autre thriller, The Star Chamber (La Nuit des Juges) de Peter Hyams (1983), le rôle d'un juge se réunissant avec certains confrères dans l'ombre pour refaire le procès de plusieurs personnes acquittées et éventuellement les faire abattre par un tueur professionnel... Michael Douglas, jeune juge écœuré par les défaillances de la justice dans les affaires de meurtre, se rangeait avec eux au début du film avant de découvrir les risques encourus par de telles méthodes et de s'y opposer au péril de sa vie. Pour Harry, il n'a jamais été question de changer des méthodes certes critiquées par ses supérieurs hiérarchiques mais qui ne sortent pas (trop...) de la légalité et en tout cas, se bornent à faire régner une justice dans le vrai sens du terme, sans bavures. Il démontre plus que jamais, au grand dam de ses détracteurs, son intégrité et sa droiture dans Magnum Force, charge contre l'autodéfense et par ailleurs excellent divertissement à revoir, avec un Eastwood magistral dans ce personnage (qu'il aimerait d'ailleurs reprendre un jour si le scénario était réussi...). Emmanuel Coll Bio-filmographie de Clint Eastwood
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