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DR
TERROR'S HOUSE OF HORRORS (LE TRAIN DES EPOUVANTES)
U.S.A.,
1964, de Freddie Francis, avec Peter Cushing, Christopher Lee, Roy Castle, Alan
Freeman, Michael Gough, Bernard Lee, Donald Sutherland, Jennifer Jayne...
Pitch: Cinq personnes partageant le même compartiment d'un train font la
connaissance d'un mystérieux individu du nom de "Docteur Terreur" qui
leur prédit à chacun un sombre avenir à l'aide d'un jeu de tarot...
Les
cartes du destin
L'occasion m'est donnée d'évoquer ici le cinéma fantastique des années 50 à
70, glorifié en particulier par les studios de la Hammer. C'est d'ailleurs
l'une des principales raisons d'être de cet article consacré à une oeuvre
honnête mais qui ne figure pas, loin de là, parmi les meilleurs productions du
genre. On retrouve toutefois dans Dr Terror's House of Horrors les
deux acteurs piliers de la Hammer, Peter Cushing et Christopher Lee, et derrière
la caméra Freddie Francis (né en 1917), que l'on connaît surtout comme
chef-opérateur (notamment sur certains films de David Lynch comme Elephant
Man et Dune) mais qui signa aussi plusieurs films d'épouvante
dont deux de la série des Dracula et Tales from the Crypt
(Histoires d'outre-tombe) en 1972.
Dr Terror's House of Horrors préfigure
d'ailleurs Tales from the Crypt et autres films à sketches par sa
conception : plusieurs protagonistes regroupés dans un lieu fermé et sombre,
chacun introduisant à tour de rôle une petite histoire effrayante dont il est
le héros... Ici, l'idée de départ apparaît plutôt séduisante : un
compartiment de train sert de cadre à la narration, cinq personnages y prennent
place (dont Donald Sutherland dans l'un de ses tout premiers rôles), suivis
d'un homme qui se fait appeler "Docteur Terreur" (Peter Cushing) et prétendant
lire l'avenir (et notamment les évènements les plus sombres) sur son jeu de
tarot. Cela ne manque pas d'éveiller la curiosité de tous les occupants du
compartiment sauf l'un d'eux, antipathique et hautain (Christopher Lee) qui le
considère d'emblée comme un charlatan. D'ailleurs la mise en scène souligne
cette contradiction, plusieurs plans du compartiment ne présentant que les
personnages agglutinés autour du "Docteur". La démonstration des
talents du mystérieux voyant se fait successivement avec chaque voyageur, y
compris le plus sceptique d'entre eux, ce qui donne donc lieu à cinq sketches
différents pendant le film. Dommage que ceux-ci ne soient pas vraiment à la
hauteur des espérances suscitées par une introduction appétissante, parfois
à cause de quelques longueurs, d'un manque global d'efficacité et d'ironie. La
première histoire (la moins bonne) se déroule dans un manoir dans lequel un
loup-garou renaît de ses cendres pour se venger de ses anciens occupants (en l'occurence
l'un des voyageurs du train). Dans la seconde, une plante excessivement
intelligente se met à étrangler ceux qui l'approchent de trop près.
L'histoire suivante met en scène un musicien poursuivi par un esprit vaudou
pour avoir interprété une musique sacrée. Puis un critique d'art est
poursuivi par la main vengeuse d'un peintre qu'il a fauché avec sa voiture.
Enfin, un jeune homme fraîchement marié (Donald Sutherland) se rend compte que
sa femme est un vampire et qu'il doit la supprimer (vraiment pas de chance...).
Je m'attarderai seulement sur l'avant-dernière histoire qui
vaut le détour pour l'affrontement entre le détestable critique d'art
(Christopher Lee très bon comme toujours) et le peintre auquel il s'en prend
(Michael Gough, autre habitué du genre), et pour voir ce même critique d'art
tentant d'échapper à une main balladeuse et indestructible... Pour le reste,
on aura connu mieux en conclusions ironiques et en frayeurs, par exemple dans
certains épisodes de la série Tales from the Crypt (Les
contes de la Crypte). Mais cette petite production parmi les
innombrables de l'époque porte en elle ce parfum irresistible des films d'épouvante
des années soixante qui la rend sympathique et forcément intéressante pour
les amateurs. Et cela n'empêche pas de porter un regard sur l'avenir car
l'octogénaire Christopher Lee (il est né en 1922) n'en a pas fini avec le cinéma,
lui qui connaît fort heureusement depuis peu un nouvel élan dans sa carrière.
On le retrouvera prochainement dans le dernier épisode de Lord of the
Rings puis de Star Wars. Il est également annoncé dans
deux autres films, The Riding of the Laddie et The Last
Unicorn, et même dans Les rivières pourpres 2.
De quoi hanter les salles obscures au moins jusqu'en 2005... Emmanuel Coll
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