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intro journal de bord (mm) article sur chaque film article sur différents livres (son journal, le tps scellé, le burdeau...) LA FILMO - 1957
BIO : Andrei Tarkovski est né le 4 avril 1932 à Zavroje, au bord
de la Volga, près d'Ivanovo, Arseni Tarkovski, son père, est un poète connu
(dont on entend d'ailleurs des vers dans LE MIROIR et STALKER). Après des études
de musique, de peinture et d'arabe, le jeune homme travailla d'abord comme géologue
en Sibérie de 1952 à 1956 avant d'entrer à l'école de cinéma d'état le
VGIK de Moscou. Un de ses professeurs fut le cinéaste Mikhail Romm. En 1957, l'étudiant
Tarkovski signait un court sujet en noir et blanc, inspiré d'un
"polar" américain puis, en 1960, un autre exercice d'école, LE
ROULEAU COMPRESSEUR ET LE VIOLON, moyen métrage en couleurs.
stalker 1979
À la suite de la chute d’un météore, une Zone étrange et dangereuse pour
l’homme s’est formée. On chuchote entre initiés qu’il s’y trouve une
chambre exauçant les désirs. Un passeur marginal et fruste – qu’on nomme
un « Stalker » - accepte d’y amener clandestinement un physicien et un écrivain.
Pourront-ils pénétrer tous trois dans la Zone ? Et si oui, oseront-ils
franchir le seuil de sa Chambre ?
Solaris 1972
Sur une station orbitale qui étudie la planète Solaris depuis des années,
des phénomènes étranges se produisent au point que les responsables
terrestres soviétiques du projet envoient le psychologue Kelvin enquêter
sur place. Il découvre que son ami Gibarian (un des trois derniers
occupants de la station) s’est suicidé et que les deux autres savants
rescapés ont peur. Il ne tarde pas à découvrir que Solaris est peut-être
un organisme vivant gigantesque qui influence le psychisme humain et matérialise
ses désirs comme ses peurs.
le miroir 1974
Arrivé a la moitié de sa vie, un homme malade se penche sur son passé.
C'est son enfance tout d'abord qui lui revient avec la vision de sa mère
attendant le retour improbable de son mari, puis le souvenir de sa femme
dont il s'est séparé le hante. Passé et présent se mélangent dans
l'esprit d'un homme qui cherchait "seulement à être heureux".
l'enfance divan 1962
Ivan, 12 ans, est décidé à venger sa famille assassinée par les
nazis. Il rejoint un régiment de partisans russes comme éclaireur. Sa
capacité à se glisser à travers les lignes ennemies sans être
remarqué le rend rapidement indispensable. Cependant, ses supérieurs
considérant ses missions comme trop dangereuses, décident qu'il doit
quitter le front. Ivan résiste et convainc les officiers de le laisser
mener une dernière expédition...
andrei roublev 1969
Russie médiévale à l’époque des invasions tartares et de la résurgence
du paganisme : le célèbre peintre d’icônes Andreï Roublev commet
un meurtre pour sauver une jeune fille d’un viol au cours d’un
massacre collectif dans une église. Il renonce alors à son art et
fait vœu de silence pendant dix années de pénitence. La famine et
la peste surviennent mais la Russie reconstruit néanmoins des églises.
La construction miraculeuse d’une cloche gigantesque, dirigée par
un adolescent, lui redonne le courage de peindre.
Le sacrifice 1986 Alexandre est au bord du chemin avec son jeune fils, Petit Garçon, qui vient d'être opéré des cordes vocales et ne peut parler. Tout en plantant un arbre mort, il lui raconte une légende japonaise : en arrosant régulièrement le pied de l'arbre et en y croyant, il reprendra vie.
Nostalghia 1983 Une voiture s'arrête dans un paysage de brume à demi réel. Une femme en descend. Un homme reste assis à l'avant. Il est poète, Russe, et est venu en Italie pour se documenter sur l'un de ses compatriotes, musicien en exil qui a vécu dans la région au XVIIIe siècle et qui préféra finalement la condition d'esclave dans son pays natal à celle d'homme libre à l'étranger. La jeune femme, aux allures de madone, est son guide et son interprète. Elle est avec Domenico, le fou, le seul interlocuteur du poète Gorciacov. C'est cependant avec Domenico que Gorciacov communie : dans des domaines bien différents, tous deux sont en proie aux mêmes maux, à la même " nostalgie ", le fou avec ses problèmes par rapport au monde extérieur, le poète avec le mal du pays.
film de Chris Marker sur le cinéaste
« Puissent-ils croire et rire de leurs passions. Car ce qu’ils nomment «passion» n’est pas la force de l’âme, mais une friction entre l’âme et le monde extérieur. » A. Tarkovski, Stalker. "De nous tous, ce fut le plus grand", ainsi parle lngmar Bergman d' Andreï Tarkovski à qui il permis de donner naissance à son ultime film (en lui prêtant son île, ses techniciens, ses acteurs) ce fut le Sacrifice (1985-1986). Andreï Tarkovski apprit au cours du montage du film à Stockholm qu'il était atteint par un cancer aux poumons. Il ne put mener à bien son dernier film Antoine (premier moine chrétien), mais il eut la joie de revoir son fils en avril 1986, son fils Andreï, resté si loin, prisonnier jusqu'à lors en URSS. Il avait dit-il vu en rêve l'un de ses poumons avec un trou dedans. Le cancer est diagnostiqué quelques jours plus tard. Il agonisera pendant un an mais aura pu terminer Le Sacrifice qui lui sera projeté dans sa chambre de malade. Il meurt à Paris dans la nuit 29 Décembre 1986, à Neuilly, entouré de Léon Schwartzenberg, Marina Vlady et Slava (Rostropovitch). Ses obsèques sont célébrées au son d'une suite de Bach interprétée par Rostropovitch. Il était né le 4 avril 1932 à Zavraje (province d'Ivanovo, sur la Volga).
"Le vol arrété"
: On pourrait reprendre ce titre pour le bref séjour terrestre d'Andreï (54
ans) fait d'oppression, de destruction systématique de ses oeuvres, de
l'interdiction de créer. Ses quelques films, ses rares mises en scène, font
pourtant de lui une sorte d'archange du cinéma. «L'homme n'a pas été
créé pour le bonheur», écrit-il dans son journal intime. Aussi il importe de
faire un trou dans l’obscur et de briser en morceaux le miroir en nous. Ces chevaux blancs dans la brume de l'enfance, la palpitation de cette planète du souvenir, cette bougie qui s'éteint sans cesse dans cette piscine vide, cette cloche enfin fondue dans la boue et l'ignorance, cet arbre sec toujours et toujours arrosé pour qu'il repousse, et surtout très lentement ce verre de lait qui vibre et tombe lentement de la table mû par l'invisible et le regard d'une fille paranormale. Filmer comme un acte de
foi, voilà le rituel patient et dérisoire voulu par Tarkovski. Tarkovski qui recherchait pathétiquement des alliés, des âmes-soeurs pour lutter contre les défauts du monde intéressé ne croyait qu'en l'acte créateur absurde et gratuit. Intolérant, colérique, prisonnier dans sa nostalgie, sa foi, Tarkovski avait surtout peur de voir l'homme se perdre dans le cynisme. Il aimait à citer ce proverbe russe: un pessimiste est un optimiste bien informé. Tarkovski avait en plus
de sa foi mystique, une foi profonde dans l'art humain, et dans la bonté des
faibles, celle qui empêchera peut-être la catastrophe finale. Artiste solitaire, étranger
au cinéma, en chômage pendant la majeure partie de sa vie, Tarkovski fut un
guetteur pressentant l'anéantissement de notre civilisation.
Lents, initiatiques, avec
la présence obsédante de l'eau, de la boue, du feu qui dévore et purifie, des
jeux de miroirs brisés, de chevaux, de gestes répétés, de nudités
entrevues, les films de Tarkovski relèvent un mystère au sens du moyen âge. Elle se situe dans un monde en marge où l'irrationnel a autant d'existence que le rationnel, là où nul n'avait osé aller avant lui de peur de se perdre, la Zone, le coeur des ténèbres. Lui le "stalker" humble , l'homme qui marche et se tient debout va aux lisières interdit aux hommes.Non pas pour exaucer n'importe quel désir, mais pour épier les traces d'un monde sans Dieu. La catastrophe qui nous frappe d'interdiction n'est pas la catastrophe nucléaire, mais la perte de toute foi en l'homme comme en Dieu. Sans ange sur l'épaule droite le chemin devient dédale Alors tout rouille, tout suinte, les pièges et les offrandes se mêlent comme dans la vraie vie. Et comme dans Solaris il nous est dit que c'est notre âme qui modèle l'espace et le temps. Tout doit être alors parcouru avec crainte et respect, gravité et espérance, comme cette piscine de Nostalghia. Les films de Tarkovski sont comme la Zone, on ne peut les approcher que comme le dit le Stalker: « Je ne sais pas… je ne suis pas sûr. Je crois qu’elle laisse entrer ceux qui n’ont plus aucun espoir… Non pas les mauvais ou les bons, mais les malheureux…" Tous les films de
Tarkovski luttent contre la logique humaine et font place au miracle, c'est à
dire la suspension pour un temps de l'ordre naturel des choses: l'arbre sec qui
reverdit, le sacrifice qui sauve du désastre nucléaire, le rituel de la
piscine,... Il cherche le salut ou la grâce. Sa foi aussi bien en une copie déchirée de Piero De La francesca, que dans une icône, ou dans un Dieu qui se cache, irradie ses films. Cette foi est parfois messianique chez Tarkovski: "l'âme humaine est immortelle et indestructible. Dans l'au-delà, il peut y avoir n'importe quoi, cela n'a aucune espèce d'importance. Ce qu'on appelle la mort, n'est pas la mort. C'est une nouvelle naissance. Une chenille se transforme en cocon. Je pense qu'il existe une vie après la mort, et c'est cela qui se révèle angoissant."dira-t-il sur son lit de mort. Tarkovski, comme Dostoïevski qu'il vénérait était profondément chrétien orthodoxe et mystique: "Il y a les rêves prophétiques que je reçois du monde transcendant, de l'au-delà". La beauté n'a pas changé le monde, mais Tarkovski a changé le cinéma, pourtant l'art majeur du mensonge. Cet idéal de prière a
su donner des images d'amour, des figures lumineuses des faibles et des simples
qui hantent ses films.
"Je serai muet,
je ne dirai jamais plus un La parole et l'art sont interrogés, l'enfant muet de Sacrifice, le fou délirant de Nostalghia, les innombrables copies de tableaux présents dans ses films tout renvoie au dilemme mot et image. Par le fossé infini entre l’homme et l’arbre nous regardons les années mortes qui veulent sortir du miroir. le cercle ne doit pas se briser avant nous, nous sommes nos clôtures, nous sommes nos chutes. Les Fous de Dieu ne font pas forcément du bon cinéma, Tarkovski lui laisse un style, une oeuvre foudroyante; Après avoir vu ses films, on reste prisonnier du temps "Le film est un rêve". C'est pourquoi Tarkovski est unique. "Il se déplace dans l'espace des rêves avec évidence, il n'explique rien, lui le magicien de métier" (Bergman Laeterna Magica). Une histoire étrange et troublante est celle de son chef d'oeuvre Stalker qui porte le plus profondément ses idées. Cette histoire est hautement symbolique: En 1979, tournage de Stalker en Estonie. Mais la pellicule du film est détériorée à la suite de graves erreurs techniques. Andreï Tarkovski a un malaise cardiaque. Il en réécrit le scénario pour la fin de l'année. Et en 1978 second tournage de Stalker durant l'été, puis en 197 le montage final de Stalker. Aux portes de la mort, du domaine interdit comme il est montré dans ce film , Andreï Tarkovski peut revenir nous parler de l'invisible. Tarkovski croyait
passionnément "aux forces de l'esprit", au monde de là-haut, à la
transcendance. Il ne pouvait se contenter de la condition humaine: L'homme
se développe actuellement comme un ver de terre : un tuyau qui avale de la
terre et qui laisse derrière lui des petits tas. Si un jour la terre disparaît
parce qu'il aura tout mangé, il ne faudra pas s'en étonner."
Tarkovski était un mystique slave égaré parmi nous .Pour lui, la religion,
l'art et la philosophie devaient être les trois piliers du monde. Et idée
dostoieskienne par excellence seuls ceux qui savent souffrir savent aimer. Ses idées dérivent loin
de nous, mais ses films dépassent sa pensée et demeurent. Ils sont là , météores
chus d'un désastre obscur. Et pourtant il a mis sur
la pellicule des oiseaux qui ont froid, des chevaux qui vous regardent, des âmes
fragiles qui marchent dans l'eau, un grenier qui laisse tomber goutte à goutte
la mémoire sur de vieilles bouteilles emplies de nos poussières.
" Tous mes films, d'une façon ou d'une autre, répètent que les hommes ne sont pas seuls et abandonnés dans un univers vide, mais qu'ils sont reliés par d'innombrables liens au passé et à l'avenir, et que chaque individu noue par son destin un lien avec le destin humain en général. Cet espoir que chaque vie et que chaque acte ait un sens, augmente de façon incalculable la responsabilité de l'individu à l'égard du cours général de la vie ". (Le Temps scellé)
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