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États-Unis,2006, de
David Silverman...
Pitch Un
beau dimanche matin à Springfield, la famille Simpson se rend à l’église,
au grand désespoir d’Homer. Lors de l’office, Abraham, le grand-père
Simpson, est frappé par la lumière divine : il prédit qu’un grand malheur
va s’abattre sur la ville. Quelques jours plus tard, Homer se prend
d’affection pour un cochon sur le point d’être abattu. Il en fait son
nouvel ami, mais les excréments de l’animal vont être à la source d’une
pollution sans précédent dans le lac. Le gouvernement, pour endiguer le mal,
décide d’isoler Springfield avec un dôme en verre indestructible. Les
habitants, ayant découvert que tout est de la faute d’Homer, décident de
pourchasser sa famille. Une situation qui met en danger la solidité du lien
qui unit les Simpson...
Faut-il sauver le Simpson Homer ? Presque deux années de labeur sous la houlette de David Silverman et trois d'écriture/réécriture en amont pour accoucher du premier Simpsons Movie. A la question comment passer du format 22 minutes à celui, quatre fois plus long, d'objet cinématographique identifié, l'équipe de Matt Groening a choisi d'appuyer le microcosme que constitue la ville de Springfield dans son univers jaunâtre, véritable laboratoire du désastre physique et moral planétaire. Le discours est simple : les Simpson, c'est l'Amérique et comme l'Amérique étend ses vices et tares à l'échelle du globe, The Simpsons Movie s'adresse à tous. L'entreprise scénaristique de réduction des U.S.A. à une ville montre aussi combien l'espace du monde se réduit. L'évolution de l'espèce humaine diminue son champ de vision. Elle ne finit plus que par se regarder elle-même et s'en satisfait même lorsqu'elle aperçoit dans le miroir un monstre de plus en plus difforme. Utilisant la figure du pire, The Simpsons Movie fait passer Homer S. d'anti-héros caractérisé (pollueur, grossier et lâche) à super héros libérateur. Accomplissant un voyage initiatique lui permettant enfin de prendre ses responsabilités familiales et paternelles, ledit Homer va franchir un cap et se mettre à produire une pensée avant d'agir. Ne retournant pas aux sources de la série tv pour la résumer mais tenant compte que les aficionados internationaux se déplaceront au cinéma par fidélité, Simpsons Movie n'a pas à convaincre mais à offrir les détails qui permettront à chacun de se retrouver chez soi ; nombre de personnages de la série pointent succinctement leur nez. Dès la séquence d'ouverture, l'on flagelle les spectateurs (mais qui aime bien, châtie bien) pour mieux marquer la complicité. L'on reprochera cependant à l'entreprise d'opter pour cette complaisance malgré le lot de gimmicks désopilants et de ne pas explorer l'esquisse de sujets épineux comme la tendance pédophile que le personnage du voisin Flanders aurait pu révéler en culbutant Bart, en mal de père. L'univers Simpson aime à caricaturer les déviances américaines mais se contente finalement de justifier leur nécessaire existence en les caressant dans le sens du poil. Certes, le ton est à l'auto-dérision mais la sortie d'un super épisode en 35 millimètres, tel un super big mac, s'apparente ici un peu trop à une tentative de relance de la série tv. Allons plutôt découvrir Ratatouille et prenons les scénaristes à leur propre jeu en indiquant qu'il est en effet peut-être inutile de payer un film que l'on pourra bientôt voir sur sa lucarne. Michel Marques
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