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(Siegfried s'élance contre Odin, la récompense suprême n'est pas loin !)
 
SIEGFRIED - LE CREPUSCULE DES DIEUX
France, 2009 - 2010, studio Pendragon Imageforge, sur un scénario et adaptation d'Alex Alice.
Pitch : L'or du Rhin est volé par le perfidie Fafnir le Nibelung. Au coeur du monde souterrain de cristal, Fafnir et son frère forgeron Mime confectionnent à partir de l'or un anneau donnant le pouvoir et la connaissance absolue. Bientôt les Nibelungen doivent abandonner leur domaine car Fafnir devant sa soif d'avidité s'est transformé en dragon soufflant de la glace. Exilé à l'est bien au-delà des terres des géants, Mime s'enfonce dans la forêt. Sur son chemin, il recueille Siegfried encore bébé dans les bras de sa mère mourante, qui lui fait jurer de ne jamais lui révéler l'existence des dieux. Né de l'amour interdit d'une déesse et d'un mortel, l'enfant est promis à devenir le tueur de dragon...
 
Le héros primordial
 
    Ne cherchez pas, vous ne trouverez nulle part ailleurs de preview du futur long métrage d'animation Siegfried - Le crépuscule des dieux. Adapté librement de la tétralogie de Wagner "L'anneau des Nibelungen", le dessinateur et auteur de bande dessinée Alex Alice (Le troisième testament) avait depuis longtemps en tête d'illustrer l'aventure initiatique du héros de la mythologie nordique. Il faut louer l'audace du nouveau studio français Pendragon Imageforge, d'une part pour avoir choisi de traiter un sujet aussi dense, d'autre part parce que le choix d'un long en 2D arrive comme une trouée d'oxygène face à l'hégémonie écoeurante de la 3D livré à la concurrence des plus grosses majors américaines, enfin car les initiateurs du projet ont pris soin de disséquer ce qui fait d'un mythe un récit universel dans le sens le plus fondamental du terme. Pour ne pas avoir à transposer littéralement le très bavard opéra wagnerien ou encore toutes les arcanes de la tragédie cosmique du Ragnarök, Alice a dû faire un travail méticuleux de caractérisation afin de ne garder que l'ossature archétypale de la légende. Bien entendu, les exégèses du professeur Joseph Campbell ont une nouvelle fois servi de support à la structure narrative du sujet.

 

 

(Siegfried cherche une réponse sur ses mystérieuses origines face à un Mime evassif)

 

    Pour mettre l'eau à la bouche face à des investisseurs frileux, un pilote de trois minutes a été réalisé au studio Bibo films à Paris. En parallèle, cette note d'intention permet aussi de lancer la bande dessinée puisque le film d'animation ne sortira qu'après la parution de la trilogie papier qui devrait s'étaler jusqu'à 2009. Secondé par Mathieu Lauffray (qui illustre l'exceptionnel Long John Silver scénarisé par Xavier Dorison), la bande annonce est rythmée par l'ouverture de l'Or du Rhin du compositeur germanique, les ambitions d'Alice se situant entre l'élégie d'Excalibur de John Boorman et la puissance de Conan le barbare de John Milius. On connaît pire référence, surtout lorsque ce dernier cite en inspiration plastique les illustrateurs Frank Frazetta, John Howe et le peintre Caspar David Friedrich... la pression monte d'un cran. En trois minutes de poses et de situations iconiques, absolument tout les archétypes de la quête héroïque défilent sous nos yeux médusés par la splendeur graphique et le choix pulsionnel des cadres. Pas d'appauvrissement d'enjeux, la double lecture semble parfaitement respectée : l'aventure du héros égale l'introspection psychologique. Et cela sans avoir recours à aucun dialogues, le trailer ranime une épiphanie du cinéma muet.

 

(La monture providentielle du héros)

 

    Sans trop se mouiller, nous pouvons d'ores et déjà prévoir - comme le sous-entend Alice - que la conclusion logique du déroulement des épreuves et donc du film devrait être la réunion à la déesse, ou autrement dit la libération du don d'amour : le moment où Siegfried réveille d'un baiser Brünnhilde la Walkyrie. Mais en amont, le héros aura terrassé le dragon où comme le laisse croire le pilote il sera engouffré dans la panse du monstre afin de mettre à mort son ego. La confrontation aux dieux (Odin) mènera à la figure du Père qu'il faudra dépasser pour enfin trouver la déesse endormie. Nul doute qu'avec une telle somme de préparation en pré-production, une telle compréhension instinctive des nécessités d'ordre mythologique, une telle recherche d'épure vers l'abstraction, Siegfried - le crépuscule des dieux pourrait s'imposer comme un nouveau standart d'animation internationale tel Le roi et l'oiseau de Paul Grimault, qu'un certain Hayao Miyazaki cite en exemple jusqu'à plus soif. Il ne nous reste plus qu'à prendre notre mal en patience, la production du dessin animé n'ayant pas encore commencé. Il faudra certainement plusieurs années afin de voir se concrétiser ce rêve fou mais empli de sublimes promesses. Pour qu'il aboutisse, il faut que la bd fonctionne ou qu'elle cartonne (elle le mérite) afin que l'aventure trouve son apothéose sur un lever de rideau dans les salles obscures. Cédric Gentaz

 

PS : Nous essayerons de vous tenir régulièrement au courant de l'avancement de l'oeuvre si le studio Pendragon Imageforge le permet.
 
Quelques liens utiles :
 

 

 
 
 
 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma