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Shrek le troisième

SHREK THE THIRD (SHREK LE TROISIEME)    
États-Unis, 2006, de Chris Miller et Raman Hui, avec les voix de Ruppert Everett, Mike Myers, John Cleese, Justin Timberlake; Antonio Banderas, Cameron Diaz...
Pitch Shrek, désormais marié à la princesse Fiona, coule une vie paisible, jusqu’au jour où le Roi Harold, souverain de Fort Fort Lointain, tombe malade. Successeur désigné, Shrek ne souhaite pas prendre les commandes du royaume et grâce à l’aide de l’Âne et du Chat Botté, met le jeune et rebelle Artie sur le trône. De son côté, Fiona apprend que le Prince Charmant fomente un coup d’Etat. Elle décide de s’allier à une joyeuse bande de jeunes filles royalistes pour faire échouer ce plan…

 

Cynisme au vert !

    Parfois le temps fait bien les choses. Non seulement les deux premiers épisodes de Shrek (Shrek et Shrek 2) se rappellent en fort peu d'occasions à nos consciences lorsqu'il qu'il s'agit d'évoquer le genre de l'animation, mais en plus le troisième opus qui déboule sur les écrans vient confortablement entériner l'idée qu'on s'était faite de la franchise. Réalisateur des deux premiers épisodes entre temps parti sur la saga du Monde de Narnia, Andrew Adamson est remplacé par Chris Miller, scénariste attitré de l'ogre vert. Le cynisme ne s'affiche plus simplement ici, il étouffe le film à chaque instant et enferme les personnages, qui ne semblent même plus croire en eux, dans une spirale insipide d'autodérision. Pour le spectateur, cet effet ironique de distanciation n'a pourtant pas que du bon, tant il est impossible de s'attacher aux héros et de se sentir concerné par ce qui leur arrive.

 
    Dans la première et l'avant dernière scène, le méchant Prince Charmant se met lui-même en scène dans un théâtre à sa gloire. Il faut observer à quel point le réalisateur fait ici aveu d'échec à travers son incapacité à croire encore au cinéma et, pire encore, dans le surlignage qu'il fait d'un public neuneu, lobotomisé à un spectacle référentiel. Shrek a toujours eu les ambitions de la petite lucarne, la largesse ou l'ampleur, pourtant la série semble les ignorer. Ajouter en plus des péripéties digne d'un soap (la recherche d'un hériter pour le trône, Shrek va devenir papa), des gags absents ou poussifs et vous obtiendrez le dernier objet mercantile poubelle (juste bon à remplir les fast food), évidé de toute créativité artistique, piochant tout azimut. 

    Sur le second plan, se déroule pépère l'aventure sans envergure afin de réafficher l'émerveillement que provoque tout de même cette happy familly. Toujours ce système du discours à deux voies qui n'a jamais paru aussi hypocrite qu'ici. En sachant qu'un quatrième opus est d'ores et déjà annoncé pour 2010 avec le retour d'Adamson aux manettes, il y a vraiment de quoi être vert ! Cédric Gentaz

 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma