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RIEN QUE DU BONHEUR
France, 2002, de Denis Parent, avec Bruno Solo, Michel Scotto Di Carlo, Jean-Baptiste Iera, Alexandra Lamy, Barbara Schulz, Geneviève Page...
Pitch : Désiré Loncle est critique de cinéma. Tout va bien pour lui : il vit avec une belle blonde, avocate, il a un chien prénommé Brad Pitt, et sa plume est redoutée dans tout le métier. Mais dans sa vie, tout ne se déroule pas toujours aussi bien que dans les films : la veille du 14 juillet, sous les feux d’artifice, la belle blonde le plaque. Le critique mondain quadragénaire est perdu. Viré de chez lui, il se fait héberger par Alex, un acteur connu qui est devenu son ami. Alex est en train d’écrire le scénario d’un film avec Eduardo, autre co-locataire lui aussi célibataire de fraîche date. Tout en cherchant un soutien auprès d’eux, et de sa mère, célèbre comédienne de théâtre, Désiré va faire son auto-critique...

 

La critique de la critique

    Avant de tendre la perche à ceux qui désireraient l'utiliser à son encontre, le titre du premier long métrage de Denis Parent fait en partie écho à celui de Pascal Bonitzer, Rien sur Robert. Étant critique de cinéma, chacun de leur protagoniste y développe, de plus, la même raison sociale. Nous ne sommes cependant pas dans le même monde et chaque héros n'a nullement les mêmes valeurs quand bien même se verraient-ils tous deux dépossédés de leur petite amie. Le personnage de Fabrice Luchini a commis l'outrage d'écrire ce qu'il pense d'un film sans l'avoir vu (on est bien dans la sphère de l'esbroufe) alors que Désiré Loncle (Bruno Solo impeccable) s'acharne, lui, sempiternellement sur les films, faute d'en avoir trop vu.

    Si Rien que du bonheur ne s'inscrira pas dans le panthéon des quelques rares chef-d'œuvres de cette première décennie, Denis Parent n'en a d'ailleurs pas la prétention, le film se présente doublement sous le signe de l'ironie. D'une part, il sort sur les écrans français la même semaine que The Matrix Reloaded, conscient que cette fois, David ne battra pas Goliath. D'autre part, il n'hésite pas à explorer au sein de son scénario sa propre flagellation. Et c'est évidemment l'humour (alors que les critiques de cinéma, perdus dans les méandres de leur "moi", en manquent souvent) qui sauve le film malgré ses défauts et lourdeurs.

    Peu à l'aise dans son mélange des genres, du pathétique au caustique en passant par la caricature, Rien que du bonheur nous révèle pourtant le talent de dialoguiste de Denis Parent. L'on comprend aussi bien vite la tendresse qu'il porte à l'égard des rôles secondaires, pléiade d'acteurs venus pour une seule séquence. L'hygiène du cinéaste Parent ne se résume donc pas au rôle titre mais à l'ensemble de la troupe. Cependant, l'on doit tout de même lui reconnaître la grâce d'avoir offert à Bruno Solo une composition dont certains ne lui auraient pas supposé les capacités, alors qu'il les avait déjà montrées dans Grève(s) partie pour ne prendre qu'un exemple.  

    Avant Rien que du bonheur, Denis Parent avait réalisé un court métrage, Sweet Home, avec François Cluzet et Christian Morin, mais aussi participé à l'écriture de plusieurs scénarios. On ne peut aujourd'hui que s'avérer impatient de découvrir ce que ce cinéaste en formation nous livrera dans sa deuxième réalisation. Il pourra en tous les cas enfin se départir des regards du petit monde de la critique, leur ayant humblement déjà avoué avec Rien que du bonheur que tout exercice de lynchage n'en valait pas la peine. Michel Marques

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches