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2006, États-Unis, de
Gore Verbinski, avec Johnny Depp, Chow Yun-Fat, Keira Knightley, Geoffrey
Rush, Orlando Bloom...
Pitch Lord
Cutler Beckett est parvenu à s’allier les services de Davy Jones, qui, désormais
employé de la Compagnie anglaise des Indes Orientales, parcourt les océans
pour liquider tous les pirates. De leur côté, Will Turner et Elizabeth Swann,
alliés au capitaine Barbossa veulent tout faire pour éviter à la piraterie
de mourir et décident de voguer vers Singapour pour demander l’aide du
puissant capitaine Sao Feng. Leur but : rassembler les Neuf Seigneurs de la
Cour des Frères et ainsi vaincre Jones et Beckett. L’un des membres de
cette confrérie n’est autre que Jack Sparrow. Mais celui-ci est toujours
introuvable...
Au sabordage !
L'année 2007 semble être partie pour
battre des records de médiocrité cinephiliques blockbusterienne, malgré les
chiffres astronomiques du box U.S. qui tombent chaque semaine (Spider-man
3 prend la tête, puis maintenant justement Pirates
of Caribbean : at World's End (Pirates des caraïbes ; jusqu'au bout du monde). A peine remis
du bordel diégétique d'un Spider-man
3 comprimé entre les désirs humains de son metteur en scène et
les exigences technocratiques de producteurs avides d'en rajouter toujours
plus pour empocher davantage, la baudruche enfle sans trouée d'oxygène. Le scripte
maladif à l'image de son héros soumis a l'ambivalence de ses pulsions, au
point d'accoucher d'un pur film de HongKong dans son brassage hétérogène
des genres.
Pas mieux dans Pirates des Caraïbes 3, sauf que Gore Verbinski en bon yes man dévoué n'a pas la prétention de la double casquette comme Raimi, à la fois exécutant et auteur. Verbinski totalement assujetti à la toute puissance de son producteur zélé, Jerry Bruckheimer, n'a de contrôle que d'apparence. Nous avions raté ou évité par politesse de dire tout le mal que nous pensions de Pirates des Caraïbes numéro 2, fatiguant swashbuckler en roue libre (figuré sous le nez du public par le combat dans l'engrenage géant), pas scénarisé, évidé de rigueur sur à peu près tous les plans ; même Johnny Deep était en mode auto-caricature pas concerné.
Tourné dans la foulée, ce 3ème épisode
censé résoudre tous les tenants et aboutissants d'une longue série de
poursuites et d'abordages étalés déjà sur deux films, n'a même pas
la décence d'offrir la moindre conclusion puisque nous revoilà revenu au
point de départ du Pirates
des caraïbes - la malédiction de black Pearl original. Rare sont
les sagas où l'ont fait un virage scénaristique à 360 degrés et où plus de six
heures de
spectacle hypertrophié n'auront amené qu'à une superbe tautologie de tous
les instants.
Il semble que Pirates des Caraïbes 3 était voué à l'échec dès sa prè-production. Bloqué entre des scénaristes écrivant encore les grandes largeur de l'intrigue à même le plateau, alors que le 2 et le 3 ont été tourné dans la foulée, et des diktats d'emploi du temps impossibles à décaler, le produit se retrouve ainsi bloqué dans une sorte d'étau, le résumant à une course de couloir. En sprinter essoufflé, le superflu passe bien entendu pour détail rigoureux (retournements et traîtrises diverses) alors qu'ils ne sont que mascarades de foire et de surface, escarmouche grotesque rafistolant un bateau prenant l'eau de toute part. Il faut voir comment est traité le Kraken, ce superbe monstre marin mythologique, intégré dans le second volet et ridiculisé, jeté en déchet, case "inutile" dans ce 3ème mouvement. Las, quand bien même le film s'octroie des délires dignes d'un Terry Gilliam (pur envolée foraine), et des clins d'yeux insistants au manga One Piece d'Eiichiro Oda, sans que l'on puisse y croire une seule seconde. Deep cabotine mais semble substantiellement vidé, Orlando Bloom est insipide, Chow Yun Fat fait tapisserie et seule Keira Knightley prend encore plaisir à inverser la dominance des sexes. Et ILM bien sur, explosant chaque centimètre de navire à l'écran, aidant la caméra à passer du pont inférieur au supérieur jusqu'au mât lors d'affrontements aux éléments déchaînés par une déesse antique délivrée de ses chaînes. Curieux objet au final que cette trilogie pétillante, certes, mais boiteuse. Cédric Gentaz
PS : A noter que pour les fans de
Swashbuckler et plus largement de cinéma, Warner vient d'éditer dans un zone
2 classique, Capitaine sans peur (Captain
Horatio Hornblower) du géant Raoul
Walsh... indispensable, cela va s'en dire !
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