CINÉMA

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DEN BRYSOMME MANNEN (NORWAY OF LIFE) 
Norvège, 2005, de Jens Lien, avec Trond Fausa Aurvaag, Petronella Barker, Per Schaanning, Brigitte Larsen, Johannes Joner... 
Pitch Andréas, 42 ans, se réveille dans un autobus. Il ne sait ni d’où il vient ni où il va. L’autobus s’arrête à une vieille station-service. Andréas y est accueilli par un petit homme amical qui le conduit en voiture vers une ville. Tout a été préparé pour son arrivée : emploi, vêtements et appartement. Dans cette ville, il y a quelque chose d’étrange. Les gens semblent éteints. Des gestionnaires, sorte de gardiens omniprésents, rangent et cachent tout ce qui n’a pas sa place dans la bonne marche de la ville. Confronté à un monde où l’on ne parle qu’amicalement d’aménager et décorer son intérieur, Andréas se sent de plus en plus mal à l’aise. Il tente de s’enfuir mais la ville est sans issue…

 

Sortie de secours

    Récompensé par le Grand Prix au festival de Gérardmer en 2007, Norway of Life aborde le genre fantastique par la porte de l'étrange étrangeté chère à Hoffmann. Débarquant d'on ne sait où pour une raison qu'il ignore lui-même, Andréas prend connaissance d'un monde aseptisé au goût rapidement fade. Envisageant une histoire d'amour, il échoue rapidement sur une maîtresse qui s'avoue aussi peu enthousiaste en terme d'avenir sentimental (chacun de ses amants se vaut) qu'une prisonnière condamnée à perpétuité qui s'en satisferait.

    Reconnaissant sa proximité avec l'univers du cinéaste suédois Roy Andersson (Chansons du deuxième étage) et fleurtant avec un univers kafkaïen, le film de Jens Lien pourrait au départ bien être perçu par un spectateur français comme provenant d'un pays propice à la froideur et au décalage (pourquoi pas la Norvège si l'on voulait caricaturer la remarque jusqu'au bout ?). Au fil des séquences, le point de vue doucement acerbe qui affleure en surface ne dresse pourtant pas moins en creux le portrait critique de la société occidentale dans son ensemble ; une gentillesse sournoise et fallacieuse de la population, un goût prononcé pour les intérieurs sans vie et une jouissance manquante, telle un paradis perdu. 

    Les façades étant cependant faites pour être soulevées, Andréas va s'atteler à la tache. Il ne trouvera pourtant qu'absence de jalousie ou de contradictions, celui d'un monde où tout fonctionne sans que cela ne pousse au désir. Découvrant puis furetant dans un interstice qui le mène vers un  sas de sortie aux sons (un violoncelle, des cris d'enfants) et odeurs (une vraie madeleine de Proust) plus qu'attirants, Andréas échoue sur son calvaire. A force de chercher à se suicider, il découvre qu'il était pourrait bien être déjà mort depuis longtemps. On retrouve également ici l'approche du fantastique comme le fait un Shyamalan dans Unbreakable. Michel Marques

 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma