CINÉMA

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MORVERN CALLAR (LE VOYAGE DE MORVERN CALLAR)
Grande-Bretagne, 2002, de Lynne Ramsay, avec Samantha Morton, Kathleen McDermott, Linda McGuire...
Pitch : Morvern Callar a 21 ans. Elle habite un petit port, sur la côte ouest de l’Écosse, et travaille dans un supermarché. Pour Morvern, dans la vie, il faut se débrouiller avec ce qu’on a et accepter ce qui vous tombe dessus... Un matin, elle découvre ce que la vie lui a réservé : son copain gît, raide mort, sur le carrelage de la cuisine. Il s’est suicidé après lui avoir laissé un message sur l’ordinateur, sa carte de crédit et, sur une disquette, le roman inédit qu’il venait d’achever...

 

Le voyage immobile

    Le synopsis de Morvern Callar, roman à succès, avait de quoi retenir l'attention : une jeune femme doit composer avec le suicide de son petit ami et le manuscrit qu'il lui a laissé ; elle cache le cadavre avant de le faire disparaître par petits morceaux et s'approprie le roman du défunt. Après trois courts métrages (Kill the Day, Small Death et Gasman, réalisés en 1996 et 1997) et un premier long prometteur (Ratcatcher, en 1999), l'adaptation cinématographique à laquelle s'est livré Lynne Ramsay s'avère pourtant, à notre plus grand regret, bien éloignée de ce que pouvait promettre un pitch unissant simplicité et efficacité. 

    Lynne Ramsay semble, en effet, filmer dans Morvern Callar les limites de son projet : immobilisme d'une intrigue et d'une héroïne qui n'évolue finalement elle-même pas d'un pouce du début à la fin (en cela le titre français choisi pour le film ressemble à une escroquerie). Certes, le film pourrait tendre à nous prouver que lorsque l'on est seule et paumée (comme Morvern ou sa prétendue meilleure amie), on le reste où que l'on aille. La qualité des images varie, il est vrai, entre l'Écosse grisâtre et l'Espagne où le cadre s'élargit laissant pénétrer la lumière, mais les personnages traînent avec eux la même inconsistance. Le soleil comme l'argent ne changent donc rien à l'affaire.

    Le problème du film de Lynne Ramsay réside aussi dans l'apparente indifférence qu'il porte à son sujet. Si Morvern Callar endosse le rôle d'assassin qu'elle n'est pas (elle n'a en effet pas tué physiquement son petit ami), son personnage n'a absolument pas les épaules pour supporter le profit qu'elle tirera de la situation (un roman qui n'a pas été écrit de sa main mais sera pourtant publié sous son propre nom). En faisant disparaître un corps, Morvern devrait éclore mais plus elle semble s'éloigner de son ancienne condition (vendeuse de légumes dans un supermarché), plus elle s'étiole. 

    Reste un film fragmenté, rempli de collages boursouflés comme pourrait l'être un mauvais roman. Lynne Ramsay aurait-elle voulu déconstruire la matière livresque qui composait son objet de départ ? L'on est loin de l'étonnant travail d'un Roger Avary (Laws of Attractions est sorti en France une semaine après Morvern Callar) qui fait plus que transcender la prose de Brett Easton Ellis, auteur qui conteste, aussi contesté et s'amusant donc au jeu du "contestable". Lynne Ramsay fera indéniablement mieux la prochaine fois. Nous la suivrons donc sans aucune rancœur. Michel Marques

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches