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2005, Japon, de Goro Miyazaki, avec
Mitsuko Baisho, Yûko Tanaka, Bunta Sugawara, Junichi Okada, Aoi Teshima...
Pitch Gedo jeune garçon découvrant qu’il partage des dons surnaturels
avec sa tante, s’inscrit à l’école des sorciers de Roke. Mais
rapidement, son arrogance va égaler son talent. Devenu vaniteux et imprudent,
il va malencontreusement libérer son ombre maléfique. Dès lors, ce double
poursuit Gedo à travers tout le territoire de Terremer et tente désespérément
de s’emparer de son esprit pour faire régner le mal...
Pérennité fragile Le planning de sortie des oeuvres du studio Ghibli suit son cours, à raison d'un film par an sur les écrans et de quelques échappées en dvd (Porco Rosso, Mon voisin Totoro). Les contes de Terremer, dernière production du studio réalisée par Goro Miyazaki, fils du sensaï, fut plus que fraîchement accueilli sur l'archipel du soleil levant puisque la presse apparemment peut encline à voir se substituer une hérédité créatrice d'une génération à une autre a claironné que Gedo Senki était non seulement le plus mauvais film de l'année dernière, doublé du prix de pire metteur en scène pour Miyazaki fils. La réception française est heureusement un peu plus modéré. Adapté du cycle littéraire fantasy de Ursula Le Guin divisé en plusieurs livres, Goro a choisi de transposer directement le troisième chapitre de la publication, se calquant aussi sur une courte série d'illustrations de son père faite dans les années 1980 pour un recueil intitulé Le voyage de Shuna. Le film s'ouvre sur un navire pris au piège sur une mer déchaînée. Soudain, deux dragons déchirent les cieux pour se dévorer dans les airs. Après pareille introduction, difficile de garder un niveau aussi magnétique. A sa suite, le parricide du héros Arren est lui aussi remarquable par sa sécheresse. Là où aurait du résider le nœud psychologique du film, dans le meurtre du père, le scénario reste au final très évasif, pour ne pas dire un peu fumeux. Dans sa fuite, le héros rencontre bien entendu une figure paternelle bienveillante - guide spirituel qui saura le remettre dans le droit chemin et découvrira l'amour à l'approche de la sauvage Therru. A la fin de l'aventure, il comprendra l'ambivalence se trouvant en son sein, l'ombre et la lumière. C'est donc une nouvelle fois une quête initiatique à laquelle nous sommes conviés. Les contes de Terremer est traversé par une anxiété indicible sur la mort, au point de ne pas éviter une lourdeur tautologique malvenue. Sa respiration, le film la trouve au milieu lorsque Arren et Epervier arrivent à la ferme pour y passer quelques jours. Les personnages enfermés dans leur solitude et leur incommunicabilité finissent peu à peu par trouver en chacun une altérité. La plaine, l'horizon, le ciel infini, ce temps qui semble suspendu lors de la très belle complainte de Therru, c'est ce qui fait le prix de l'œuvre. Dans sa dernière partie, l'aventure reprend son bon droit avec des phases d'action héritées des jeux vidéos Zelda et Ico, pour se conclure en mythe solaire, l'héroïne renaissant aux premiers rayons de l'aube. Goro Miyazaki architecte de formation a donc construit un édifice bien fragile, mais on le sent traversé par de pures angoisses d'auteur. C'est grâce à cela que Les contes de Terremer bien qu'inférieur aux oeuvres du grand Hayao n'a pas à rougir de la comparaison, le studio Ghibli ayant trouvé en Goro une belle pérennité qui ne demande qu'à éclore. Cédric Gentaz
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