CINÉMA

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LA TETE DE MAMAN
2006, France, de Carine Tardieu, avec Karin Viard, Chloé Coulloud, Pascal Elbé, Kad Merad, Jane Birkin... 
Pitch : Lucille, alias Lulu, est une ado difficile. Au lycée, elle se bat. À la maison, elle râle. Sa mère, Juliette, n’est pas plus simple. Centrée sur ses problèmes de santé chroniques, elle parle peu, ne travaille pas, ne rit presque jamais et passe son temps dans le jardin, sur un banc, à attendre. Cette situation affecte Antoine, le père de Lulu, mais il ne le montre pas. Le jour de ses 15 ans, Lulu découvre une photo de sa mère, souriante et seins nus. Cette photo, ainsi qu’un film où l’on découvre Juliette batifoler avec un certain « Jacques », datent d’une vingtaine d’années. Lulu, intriguée par l’image heureuse que lui renvoie le passé de sa mère, dont elle ne connaît rien, décide d’enquêter. Elle se met à la recherche de Jacques

 

fille de pub !

    La tête de maman ressemble totalement à ce que nous ne désirerions absolument pas faire au cinéma. Un syncrétisme entre film télévisuel (dans son écriture, son rythme, sa tendance poético-triviale) et qualité française post-moderne héritière du vieux siècle que nous venons de quitter. Scénariste d'épisodes de séries tv (dont Famille d'accueil), Carine Tardieu s'était déjà essayée à la mise en scène avec deux courts métrages (Les baisers des autres et L'aîné de mes soucis). Si avec sa Tête de maman elle séduit un public devenu cinéphile du vendredi au dimanche et rompu aux téléfilms et sitcoms en semaine, les choix cinématographiques qu'elle opère (voix off ultra structurante, humour potache annonçant presque la pose publicitaire) condamnent son premier long métrage à trouver sa place sur les étagères des chaînes tv. Ce qui était d'ailleurs peut-être son but.

    Si le romanesque et la composition d'un personnage fort sous le corps d'une adolescente découvrant la vie et ses contradictions amoureuses n'effraient pas Carine Tardieu, La tête de maman n'en sombre pas moins dans le cadre du passe-temps non essentiel. Associant une héroïne d'une quinzaine d'années de caractère, campée par une actrice débutante qui défonce plus les portes qu'elle ne crève l'écran (Chloé Coulloud qui entame ici une carrière que rien n'arrêtera), à des acteurs labellisés ici envisagés à contre-emploi (Karin Viard et Kad Mérad, sympathiques et heureux d'être là), l'ouvrage vise indéniablement une certaine originalité n'empêche pourtant pas l'agacement à plus d'une reprise.

    Indéniablement, Carine Tardieu ne part pas en quête d'une représentation du réel mais crée de toutes pièces ses effets et se contente de les illustrer. Comme on le dirait de la politique, elle vient de donner naissance à un film de "France molle" où les gens ont perdu l'exigence, se contentant d'un sourire en ne forçant pas trop les traits pour ne pas affirmer la naissance de leurs rides. La modernité est étrangère à La tête de maman qui semble déjà fatiguée avant même d'avoir vieillie. Michel Marques

 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma