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France, 2006, de Olivier Dahan, avec Clotilde
Courau, Sylvie Testud, Marion Cotillard, Jean-Pierre Rouve...
Pitch Edith
n’est qu’une enfant quand sa mère l’abandonne pour aller tenter sa
chance comme chanteuse. Recueillie par sa grand-mère paternelle, l’enfant
grandit dans un bordel. Une guérison miraculeuse, qu’elle attribue à ses
prières ferventes à Sainte Thérèse, lui évite la cécité. Puis elle
reprend la route avec son père et commence à chanter vers dix ans.
Adolescente, elle est repérée par Louis Leplée qui lance sa carrière. Soupçonnée
de complicité de meurtre, Edith repart de zéro, mais le destin veille et sa
carrière décolle pour de bon. Des triomphes internationaux à sa passion
pour Marcel Cerdant, de sa cure de désintoxication jusqu’à sa mort à 47
ans, le destin de la Môme ne cesse de bouleverser.
En force ! Si pour un grand nombre de spectateurs, Olivier Dahan a forcé le respect avec sa Môme, il semble surtout avoir effectué un passage en force avec une actrice principale qui surenchérit son jeu au fil des séquences et fait perdre de vue l'existence d'un réel projet cinématographique. A un seul moment ou presque, Dahan fait réellement du cinéma, usant des moyens mis à sa disposition, ceux d'une caméra. En effet, lorsque Edith rêve du retour de Marcel Cerdan à ses côtés et s'affaire pour lui préparer un café, tout en cherchant la montre qu'elle veut lui offrir, l'usage du plan séquence et caméra mobile permet au film de transfigurer la douleur vécue par l'héroïne en apprenant le décès accidentel de son amant. Sans doute pourrait-on également citer la séquence où la petite Edith chante pour la première fois (la marseillaise) devant un public. Pour le reste, Dahan se contente d'illustrer son mythe et prend le parti pris de le caricaturer jusqu'à l'asphyxie durant l'agonie, lente à venir, du personnage. Si elle est indéniablement traversée par le talent, l'Edith du réalisateur n'a pas tout pour réussir mais plutôt pour sombrer. Rapidement, le génie de l'artiste née s'efface devant celui de la garce. Sans doute, le choix du mélange de la temporalité choisi pour le montage apparaît lui au moins comme salutaire. Resterait à parler du succès trompeur du film qui fantasme et réduit la gloire d'une artiste française à un caractère frappé jusqu'à l'outrecuidance. Succès populaire qui ne relève en rien d'une estime cinéphilique. La môme obtient ce qu'elle pouvait désirer de plus cher, l'assurance de bercer les premières parties de soirées durant plusieurs années sur les programmes tv pour qui le costume et l'apparence valent plus que la transcendance. Une qualité bien française. On rêverait pourtant, nous, de savoir ce qu'une Sofia Coppola qui avait rencontré Marie-Antoinette aurait pu faire de notre Edith. Sans doute pas une caricature. Pour l'heure, nul ne semble prophète en son pays. Anne Ségolène
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