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2006, Royaume -Uni/Belgique, de Sam Garbarski,
avec Marianne Faithfull, Miki Manojlvic, Kevin Bishop, Siobhan Hewlett, Dorka
Gryllus...
Pitch : Maggie, une
veuve de 50 ans, toujours fidèle à son défunt mari, cherche désespérément
à trouver l'argent qui permettra de payer un ultime traitement à son
petit-fils gravement malade. Après une énième tentative infructueuse pour
trouver du travail, Maggie se retrouve à errer dans les rues de Soho à
Londres. Elle s'arrête devant le "Sexy World" ou une affiche
indique "Cherchons hôtesse". Trop désespérée et perdue pour se
rendre compte de ce qu'elle fait, elle entre. Micky, le patron, semble réticent,
mais intrigué par Maggie et amusé par la situation, il lui propose un job.
Sous le pseudonyme de Irina Palm, Maggie va courageusement faire connaissance
avec ses premiers clients anonymes. Micky s’avère rapidement fasciné par
sa nouvelle recrue.
A la force du poignet Il est des films engagés, parfois politiques, réalistes mais aussi dans le pire des cas potaches et risibles. Irina Palm ne s'inscrit dans aucune de ces catégories. Parfois naïf, gentillet et même conventionnel, le deuxième long métrage de Sam Garbavski (après Le tango des Rashevski) n'en retient pas moins l'attention du promeneur ou spectateur solitaire. Quelque chose transcende le film et le fait passer d'anecdotique (l'héroïne s'improvise docteur ès masturbation) à touchant sans mauvais jeu de mots. N'ayant pas pour but d'inscrire son film dans le genre de l'école documentaire anglaise, ne revendiquant aucun ancrage social ou politique comme le fait Ken Loach et ne cherchant pas à consacrer une muse, Marinne Faithfull savamment employée ici à contre-emploi, Sam Garbarski, cinéaste belge né en Allemagne, réalise principalement son deuxième long métrage autour d'un personnage qui va avoir droit à son heure de gloire à l'abri des regards. Qui est Maggie ? Une Madame-tout-le-monde passée à côté de la vie mais qui va enfin se découvrir une main verte. Toute la grâce du film repose sur une transfiguration. Désireuse de trouver l'argent qui offrira à son petit fils le voyage vers l'Australie pour recevoir les soins appropriés à sa maladie orpheline, des détails quasiment esquivés d'un revers de manche par le réalisateur, Maggie cherche un travail. Renonçant, à la soixantaine qui sonne, faute de compétences à être entendue, elle pousse en désespoir de cause la porte du Sexy World qui recherche une hôtesse. De la personne de Maggie va naître le personnage de Irina Palm, la plus douce branleuse du tout Londres. La légende d'Irina Palm, star de l'ombre à la main de fée, va naître dans une petite pièce où le réalisateur va installer son dispositif. Garbarski joue un sort au contexte érotique de son film. On ne se plaindra pas de ne pas voir de sexe en érection, convaincu même si certains plans usent maladroitement d'artifices (thermos, bouteille... presque une erreur de cinéaste débutant) que c'est la vision du sexe mais le geste qui compte. Si Irina Palm ne doit pas être vue pour laisser aux clients le soin de la fantasmer, sa légende s'élève rapidement au-delà de son réduit made in Japan. Irina Palm est le film d'un lieu et d'un personnage campé avec maestria par Marianne Faithfull qui prend depuis son retour au cinéma (une première rencontre sexuelle avec le remarquable Intimacy de Patrice Chéreau et récemment la Marie Antoinette de Sofia Coppola) une revanche sur ses débuts éphémères remontant à 1968 dans la Motocyclette. Il faut voir Irina Palm, non pas pour la gentillesse impersonnelle d'un thème galvaudé (la grand-mère courage), mais pour la rencontre d'une actrice avec un rôle. Brillamment accompagnée au casting de Miki Manojlvic, acteur granitique qui trouverait merveilleusement sa place chez Kaurismaki, ou de Kevin Bishop rencontré dans L'auberge espagnole puis dans ses calamiteuses Poupées russes, Marianne Faithfull prouve s'il était nécessaire qu'un film, même mineur, peut approcher quelques minutes de grâce. Michel Marques
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