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Royaume-Uni, 2007, de
Edgar Wright, avec Simon Pegg, Nick Frost, Bill Nighy, Timothy Dalton, Jim
Broadbert...
Pitch Nicholas
Angel est la star de la police londonienne. Brillant, intelligent, efficace
sur le terrain, il a le taux d’arrestation le plus élevé de la capitale
anglaise. Si bien que ses supérieurs décident de l’exiler dans un village
de campagne pour ne pas souffrir de la comparaison. Arrivé à Sandford, Angel
comprend qu’il n’aura pas l’occasion de mettre ses talents à
contribution. Le taux de criminalité y est à zéro, et ses activités
principales sont la surveillance de kermesse ou le sauvetage d’animaux en détresse.
Pourtant, une série d’accidents fâcheux va éveiller son attention. Et
quand il annonce à ses collègues qu’il s’agit en fait de meurtres, tous
le raillent. Sauf son collègue Danny Butterman, qui se lance avec lui dans
l’enquête...
A l'attaque Shaun of the Dead s'imposait comme le film de l'été 2005. Déjà annoncé à l'époque, Hot Fuzz emporte deux ans plus tard la même distinction. Dans leur nouveau film, la paire Simon Pegg/Edgar Wright (acteur/réalisateur et tous deux scénaristes) ne se contente pourtant pas d'appliquer une recette qui avait fait ses preuves mais bâtit un nouvel univers. Indéniablement plus maîtrisé, Hot Fuzz s'avère aussi plus ambitieux que son prédécesseur et n'explore plus un unique genre, le film d'horreur hier, le policier aujourd'hui, et l'accompagne de salves gore, gothiques et burlesques. Au pays de Shakespeare, tout devient permis et dans ce buddy movie déjanté l' exploitation impressionniste des genres se nourrit à l'école anglaise documentaire, sauce Monty Pithon. Hot Fuzz fait reposer son humour désopilant sur un jeu de contrastes. L'abus de sérieux avec lequel le surdoué agent Nicholas Angel prend la tâche qui lui incombe était faite pour rencontrer la désinvolture de ses collègues fonctionnaires. Là où Shaun manquait d'ambition, Nicholas compense par un excès de travail. De Shaun of the Dead, Hot Fuzz conserve cependant le goût narquois des références (un vaste florilège des policiers y passe) de ses vingt-cinq dernières années. Pour les scénaristes, le but n'est pourtant pas d'ironiser sur un Point Break ou un Bad Boys 2 mais de rappeler à quelle école ils ont été élevés. Si la présence de Timothy Dalton, coupable né qui aurait ici rangé son costume de James Bond, emmène le film vers l'autodérision, la comédie n'a rien de cynique mais découle de la croyance du héros en son personnage. Shaun of the Dead pastichait un genre, Hot Fuzz déploie une écriture cinématographique (souci de l'exposition d'un lieu et d'une situation) et lui adjoint un rythme démoniaque ciselé par un montage ultra cut rapprochant le film d'un story-board jubilatoire avec une dextérité de répliques tantôt ironiques, tantôt grotesques. Dès l'exposition, le principe cher à Shaun of the Dead, la découverte documentée de l'univers du héros, laisse place ici à un nouveau principe, le raccourci coupé au cordeau. En moins de dix minutes, la carte d'identité, le parcours et la contrariété de Nicholas Angel (une mutation professionnelle devant le faire passer de Londres vers un village de campagne) sont brossés. Opposant un premier plan fixe d'ouverte, directement hérité de Playtime de Jacques Tati, Edgar Wright stipule ses intentions : jouer sur les oppositions de tons pour que le spectateur puisse prendre sérieusement à son compte la folie vers laquelle il est conduit. Chez Wright, le héros a des principes (ici l'ordre et la valeur travail qui ne sont pas sans rappeler un récent président français actuel, caricature née) et conduit le récit jusqu'à son terme, n'abandonnant pas à la première occasion la mission qui lui a été confiée. Nicholas fera plus que remettre de l'ordre dans le village, non pas hanté mais corrompu de Standford, il y élira domicile. A cet égard, si le duo SImon Pegg/Nick Frost fonctionne à nouveau comme sur des roulettes, il n'empiète pas sur le film chorale que vient soutenir une kyrielle de personnages secondaires. Hot Fuzz a cette force, il intègre tous ceux (genres ou personnages) qui se présentent au passage. Avec ce film à l'humour démoniaque, l'équipe de Wright part du cinéma américain et le revisite avec son english touch et prouve qu'entre les U.S.A. et l'Angleterre, il y a au-delà d'un océan, une auto-dérision et un humour inégalable. So british ! Anne Ségolène et Michel Marques
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