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Planète terreur - un film Grindhouse - Rose McGowan

GRINDHOUSE : PLANET TERROR (PLANET TERREUR, UN FILM GRINDHOUSE)   

États-Unis, 2007, de Robert Rodriguez, avec Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Naveen Andrews, Bruce Willis, Quentin Tarantino...  
Pitch Sortie le 14 août. Après un deal de produits chimiques qui tourne mal, la communauté d’un bled paumé se retrouve contaminée par une étrange maladie. Petit à petit, les habitants se transforment en zombies. William Block et sa femme Dakota travaillent à l’hôpital du coin et sont débordés par l’affluence des malades qui viennent d’être mordus. De son côté, Cherry, une go-go danseuse, se fait arracher la jambe lors d’une attaque. Elle retrouve heureusement Wray, son ex, un rebelle bien décider à résister à ces monstres d’un nouveau genre. Ils unissent leurs efforts et se joignent à William et Dakota pour trouver une solution...

 

From Dusk Till Dawn

    S'apparentant à un titre de film à gros budget comme le souligne Roberto Rodriguez lui-même, Planet Terror offre la deuxième partie du programme Grindhouse ouvert par le Death Proof de Quentin Tarantino et fait plus que séduire, il convainc. Si Death Proof n'était qu'un détour dans la filmographie du réalisateur de Kill Bill 1 et 2, le repos d'un cinéaste cinéphage, Planet Terror atteint largement le niveau et la surprise qu'avait été From Dusk Till Dawn (Une Nuit en enfer). Renouant avec l'atmosphère de ce dernier, Rodriguez le transfigure et nous fait oublier son Desesperado 2, ses Spy Kids et son Sin City.

    D'entrée, Robert Rodriguez se met au diapason de l'univers Grindhouse : début besogneux, blagues potaches, film d'homme serviteur du plaisir masculin. Mais il est plus que cela et prend soin d'offrir à sa démarche une distance nous permettant de prendre conscience de l'enjeu du film. Il ne s'agit pas ici de jouer aux mauvais élève de manière cynique mais de surfer avec grâce sur les peaux de bananes disséminées dans un récit adolescent. Plus proche de l'univers d'un Carpenter (John et Robert composent tous deux la musique de leurs films) que de celui de Tarantino où les situations reposent sur les dialogues, Rodriguez n'impose pas l'égocentrisme et le narcissisme cinématographique de son compère mais libère ses personnages et leur permet d'atteindre une autonomie. Dans la conduite de son récit, même s'il n'en possède pas le flegme anglais, Planet Terror s'articulerait presque davantage au Hot Fuzz d'Edgar Wright sorti en juillet qu'à Deaf Proof, même s'il en propose la version masculine.

    Histoire de pétasses qui battent les hommes sur le terrain de leur virilité, Tarantino tirait son Boulevard, pour reprendre le titre français, vers le verbiage, force de son cinéma ; parler et commenter ce que l'on est en train de dire. Rodriguez, lui, s'ingénie avec hardiesse à épouser le "z" autrement que par petites touches obligées. Le décor fait parti de son film, comme la concision généré par un montage coupant certains plans au cordeau. Rodriguez maltraite son matériau pelliculaire, le réduit au maximum pour son exploitation en salles, tout en annoçant qu'il réserve une autre approche dans le montage du film réservé à l'exploitation DVD. 

    Bref, le cinéaste s'amuse et réfléchit sur son propre cinéma et livre la quintessence de son style. Film de bande (Tarabtino s'y auto parodie et Tom Savani campe un indispensable flic gaffeur), Planet Terror révèle tout ce que Rodriguez a appris des zombies. Ayant choisi à raison Freddy Rodriguez (celui-ci n'étant pas son frère) pour incarner le rôle titre d'el Wray, le cinéaste le sort de la série Six Feet Under où il sculptait les morts comme de jeunes mariés pour leur dernier voyage, et lui offre une partition sur laquelle il surfe avec maestria. Planet Terror s'apparente à la fois une bouffée d'oxygène et un soleil brûlant dans un été français météorologiquement maussade. Michel Marques

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma