CINÉMA

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Mémoires de nos pères

FLAGS OF OUR FATHERS (MÉMOIRES DE NOS PÈRES
U.S.A., 2006, de Clint Eastwood avec Ryan Phillipe, Jesse Bradford, Adam Beach, Jamie Bell, Neal Mcdonough...  
Pitch : Février 1945. L'armée américaine se lance dans la sanglante bataille d'Iwo Jima contre le Japon. Après des combats légendaires et horriblement meurtriers, six Marines hissent le drapeau américain sur le mont Suribachi pour signifier leur victoire. Leur geste est immortalisé par un photographe. Sans que l'on puisse vraiment expliquer pourquoi, ce cliché fait le tour du monde et devient mythique aux États-Unis, redonnant confiance à la population en pleine période d'incertitude. Les autorités prennent conscience de la puissance symbolique de l'image et multiplient les apparitions des soldats héroïques aux quatre coins du pays pour inciter les citoyens à donner de l'argent à l'armée. Sans hésiter à manipuler la vérité...
 

Je suis une légende

    Histoire d'un drapeau, celui de l'oncle Sam, dressé au sommet d'un monde ou d'une photo qui le révèlera aux yeux des États-Unis ? La raison pour laquelle le drapeau est porté n'est pas celle qui sera mise en avant par ses exploitants, politiques et médias qui oeuvrent à l'effort de guerre. Eastwood, qui travaille, lui, à sa légende et à celle de son pays croise dans ce premier volet, co-produit avec Steven Spielberg, cinéma et histoire, le premier se révélant la métaphore du second. 

    Relecture de l'idée finale de The Man Who Shoot Liberty Valence de Ford, le film s'échine deux heures durant à rendre vrai le faux, passant du film de guerre à celui de propagande médiatique. Politiquement très actualisé, le projet du réalisateur en devient lui-même médiatique : "allez voir le film pour découvrir le moment où fut pris le cliché" ! 

    On avait connu le réalisateur plus inspiré, son approche d'un héros individuel étant généralement plus profond que celui d'un groupe. Le mélange des genres et la panoplie du casting alourdissent ce film savamment construit sur l'idée de la dualité. Une vérité banale qui devient un mensonge éhonté, un lieu du conflit fantasmé par un autre de paix (quoique), un premier opus qui tend déjà la main au deuxième, prévu pour février 2007. L'on se retrouve en plein marketing américain où le produit qui se vend repose finalement sur un timbre poste. La transfiguration mélodramatique du classicisme et style eastwoodien reste à l'écart de ce qui ressemblerait presque à une commande besogneuse. On en restera là mais attendrons avec impatience la suite. Anne Ségolène


 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma