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Exilé - Anthony Wong, Francis Ng, Roy Cheung et Suet Lam

FANGZHU (EXILE)
Chine/HongKong, de Johnnie To, avec Roy Cheung, Simon Yam, Francis Ng, Suet Lam, Josie Ho, Nick Cheung, Richie Ren Anthony Wong, Cheung Siu Fai... 
Résumé : Un tueur à gages des Triades chinoises décide de tout quitter pour s’installer à Macao avec sa compagne enceinte. Quelques temps plus tard, deux de ses anciens « collègues de travail » le retrouvent, avec pour mission de l’exécuter. Mais deux autres membre de l’organisation débarquent également, avec des motifs troubles. Les deux premiers se posent alors des questions sur la tâche qu’ils doivent accomplir. Car par le passé, les cinq hommes étaient amis, et ont effectué une mission dangereuse qui a laissé des traces...

 

Au ralenti

    Johnnie To prouve avec Fangzhu (Exilé) qu'après être passé maître d'un genre (que nous appellerons le Johnnie To movie) et avoir fait le tour de la question, il peut désormais prendre du recul et observer son univers créatif évoluer vers une nouvelle dimension. Si la question du rythme et celle du tempo participaient à définir son style, Exilé marque un moment neuf dans son oeuvre, précédemment annoncé par son quelque peu déconcertant Election

    Discutant autant avec DePalma (les plongées verticaux) qu' Eisenstein (la mère, l'enfant, l'escalier et le montage saccadé des rares séquences d'action), Johnnie To se rapproche à travers son Exilé d'un Kurosawa qui retardait ses scènes de catharsis et finissait par les réduire au moment opportun à une fraction de secondes (voir le duel final dans Sanjuro). Dans Exilé, les chorégraphies laissent place à l'attente, hésitations ou aux dialogues cabotins entre membres d'un club des cinq recomposé et presque sorti du très plaisant The Mission La lenteur volontaire et assumée du film en ferait presque un western décomplexé et libéré de sa représentation du vandalisme. La scène finale où les gunfights vident leur chargeur refuse définitivement la vitesse et se présente au ralenti, résumant clairement l'entreprise du réalisateur.

    Après avoir donner le jour à plus d'une quarantaine de films en seulement vingt-cinq ans (le peu de films connus le furent en Europe principalement à travers leur présence dans des festivals avant d'être distribués en salles), le réalisateur use aujourd'hui de l'auto-parodie, surprenant les spectateurs là où personne ne l'attendait. La virtuosité des scènes chorégraphiques n'apparaît plus aujourd'hui impérative et en dépit de son goût pour le cabotinage, Johnnie To semblerait presque mener son univers cinématographique vers l'âge adulte. Présenté à Cannes et annoncé sur les écrans français pour décembre, le réalisateur a réalisé l'un des deux segment de Tie Saam Gok (le second étant signé Ringo Lam) et s'apprête actuellement à réaliser un nouveau film, intitulé pour le moment Godly Detective. Posez vos flingues, l'histoire continue... Michel Marques

 

autres articles sur les films de Johnnie To : PTU, Fulltime Killer, Breaking News

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma