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2005, Argentine, de Fabian Bielinsky, avec Ricardo Darin, Dolores Fonzy, Pablo Cedron, Nahuel Perez Biscavart...
Pitch : Esteban Espinosa est
taxidermiste. Discret, il reste souvent seul enfermé dans son atelier. Au
grand dam de sa femme qui, désespérée, choisit de le quitter. Taciturne,
Esteban préfère la compagnie de ses animaux empaillés. Il a pourtant une
passion : la conception de vols à main armée. Il collectionne les coupures
de journaux et s'abandonne à ses rêveries. Un jour pourtant, il se retrouve
plongé au coeur d'une terrible machination. Des bandits envisagent de braquer
un casino. Esteban doit se confronter à la réalité. Abrupte et dangereuse.
Tout ce qu'il croyait savoir se révèle inutile. Il lui faut désormais
prendre la mesure de ses possibilités et composer avec les crises d'épilepsie
qui régulièrement lui font perdre conscience. Il n'a plus guère le choix...
L'empailleur empaillé
Le souvenir du premier film de Fabian
Bielinsky (Nueve Reinas/Les neuf reines)
nous permettait d'augurer du meilleur pour la découverte de son deuxième
long métrage, El Aura. Dont acte,
l'aventure du taxidermiste un tantinet dépressif (sa femme l'a quitté) et épileptique
à ses heures laisse un goût d'inachèvement après avoir longuement tardé
à commencer. Si le film reprend de Nueve Reinas
certains ressorts, il ne parvient jamais à en atteindre l'envergure.
De surcroît, El
Aura traîne avec lui certains défauts qui engraissent
l'intrigue d'une véritable complaisance. Son choix principalement de
présenter le film comme la métaphore du cinéma, faisant ainsi de son héros
un metteur en scène qui s'ignore. La pesante séquence d'ouverture met en
scène Esteban Espinosa en train d'achever minutieusement son ouvrage. Il
compose l'animal à qui il redonne vie comme on donnerait naissance à un
personnage. Esteban a le don de ressusciter ce qui est la mort, on imagina
donc déjà ce qui ne tardera pas à lui arriver. De la même manière, sa
passion pour la conception de vols à main armée jamais réalisés
(l'important est de les concevoir) n'attendra plus que lui.
El Aura
fonctionne tant sur la capacité d'observation du héros (rien n'échappe à
sa mémoire visuelle) que sur le degré de fantasme dont il semble forgé
(belle scène suggestive durant le premier quart d'heure du film où le héros
donne une leçon de cambriolage à un ami). Le film lorgne hélas
régulièrement du côté d'Hitchcock mais ne parvient jamais à la taille du
maître. Il s'achève qui plus est comme il avait commencé, un seul détail
ayant changé : un chien bien vivant conservé comme un trophée. Entre la
première et la dernière séquence s'étire un véritable pétard mouillé. Anne
Ségolène
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