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États-Unis, 2006, de
Tom DiCillo, avec Steve Buscemi, Michael Pitt, Gina Gershon, Minnie Driver,
Allison Lohman...
Pitch Toby
est un jeune SDF illuminé qui vit dans des bennes new-yorkaises. Un jour,
alors qu’il se promène dans la rue, il rencontre un groupe de photographes.
Attroupés devant un restaurant branché, ce sont des paparazzis. Parmi eux,
Toby fait la connaissance de Les. Le suivant partout, il finit par se faire héberger
chez le photographe raté et devient son assistant. Commence pour eux une période
de collaboration agréable qui leur permet même de réaliser un cliché à
succès. Mais les choses vont changer quand, totalement par hasard, Toby fait
la connaissance de K’Harma, la sexy jeune star que tout le monde
s’arrache.
Le film de trop L'on avait quitté le personnage Michael Pitt au bout d'une errance physique et mentale dans le Last Days de Gus Van Sant et on le retrouve en train de faire les poubelles et chercher son rêve américain au début de Delirious. Le problème qui se pose est cependant simple : les deux films ne sont pas simplement séparés par un écart d'une poignée d'années mais par un gouffre au niveau de leur ambition. Là où Last Days nous guidait musicalement plutôt que verbalement vers le dérèglement d'un esprit égaré, Delirious nous saoule de mots et de poncifs. Reste l'amusement que peuvent provoquer quelques saynètes où le jeu appuyé de Steve Buscemi et celui, retenu à l'extrême, de Michael Pitt s'équilibrent gentiment mais aussi hélas les rôles invisibles et illusoires des personnages féminins. Une véritable insulte pour la gente féminine. La réussite du style DiCillo qui s'imposait encore dans Double Whammy perd ici de son ampleur et s'égare à la mesure du cinéma d'un Woody Allen qui n'existe pas davantage chaque année en livrant son film de circonstance. Film sans envergure ni projet fort, Delirious se laisse certes voir mais n'appelle pas aux commentaires élogieux. Il manque ici la petite musique qui glorifiait le remarquable Last Days. S'il y a des films où l'on perd la vie, DiCillo se remettra de sa bluette et poursuivra son chemin. Nous l'espérons du moins. Michel Marques
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