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Ca rend heureux - Fabrizio Rongione et Kris Cuppens

CA REND HEUREUX 
Belgique, 2006, de Joachim Lafosse, avec Fabrizio Rongione, Kris Cuppens, Dirk Tuypens, Catherine Salée, Jean-Benoît Ugeux, Cédric Eeckkhout, Mariet Eyckmans... 
Pitch Fabrizio est un jeune cinéaste belge dont le premier film, FOLIE PRIVEE, a été un succès en festivals, mais un four au box office. Déprimé par cet échec, sans emploi, mis au pied du mur par les allocations chômage, il décide de se remettre au travail après avoir rompu avec sa compagne. Son scénario : un jeune cinéaste sans emploi venant de rompre avec sa petite amie, décide de faire un film ! Cette mise en abîme crée toutefois le trouble au sein de l'équipe bénévole de Fabrizio : où est la réalité et la fiction ? Fabrizio ne se regarderait-il pas un peu trop le nombril ? 

 

Note d'intention

    S'il sort sur les écrans français quelques mois après Nue propriété, la réalisation de Ça rend heureux précéda celle de troisième film de Joachim Lafosse que nous avions pu découvrir le 21 février 2007. Ça rend heureux doit-il donc être perçu comme une ultime répétition au projet qui allait suivre ? Certainement pas. Joachim Lafosse opte ici pour une caméra épaule avec plans serrés alors qu'il use dans Nue propriété, plus maîtrisé, de plans larges avec caméra sur pied. L'intime relie certes les deux films mais le réalisateur tire vers le romanesque dans Nue propriété alors qu'ici, il sème le trouble à travers le mirage autobiographique. Donnant aux personnages le prénom des acteurs, le travail sur la représentation du réel agit dans le même sens, personne et personnage ne faisant parfois plus qu'un. 

    Partant d'une situation fictionnelle où Fabrizio, réalisateur à tout prix même le plus modique, utilise sa baisse de libido et sa rupture sentimentale comme point de départ d'un nouveau scénario, le film va lentement explorer la frontière entre réalité et représentation du réel. Embarquant toute une équipe de tournage dans son pari (réaliser un film pour 10000 euros), Fabrizio dédouble les traces de vécu en prétexte narratif. Séduit par le projet de travail d'équipe au moment où beaucoup sont au chômage, chacun investira une partie de soin âme dans le film. Mélangeant réalité (le premier film de Fabrizio/Joachim s'intitule bien Folie privée) pour offrir à la fiction sa part de réel, les réalisateurs brouillent les pistes nous faisant prendre des vessies pour des lanternes ; seule la volonté permet de réaliser un film.

    Non content de nous livrer son film au carré, Joachim Lafosse nous offre une définition du cinéma, rappelant par la voix du héros réalisateur qu'un cinéaste réalise un film pour que les spectateurs y rangent des choses personnelles, bref se donnent les moyens de rencontrer le projet cinématographique.

    Si Fabrizio répète au départ ne plus avoir les moyens de ses intentions, Lafosse, lui, se les donne à chaque instant. Au fil des séquences de ce film chorale, les personnages prennent autant vie que le projet du réalisateur Fabrizio, de l'actrice non professionnelle qui jette l'éponge à l'ancienne petite amie qui transfigure la phrase qu'elle soutient ne pas avoir réellement prononcée. Jouant au chat et à la souris en creusant un désir de film dans le film, Ça rend heureux aurait pu ressembler au final à un mirage cinématographique. Pellicule sur table, il offre bien plus que cela conférant à Joachim Lafosse l'espoir d'un avenir brillant en tant que cinéaste. Anne Ségolène

 

 

 

 

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma