CINÉMA

FILMS TV SÉRIES TV NANARS DOSSIERS BRÈVES de comtoir
                         INTERVIEWS DVD AUTOPSIE OPTION LYCEE RÉDACTION PAGE d'ACCUEIL

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■  

 

300
U.S.A., 2006, de Zack Snyder, avec Gerard Butler, Lena Headey, Rodrigo Santoro, David Wenham, Dominic West... 
Pitch La bataille des Thermopyles est l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique. Le roi grec Léonidas et ses 300 soldats Spartes se battent jusqu’à la mort, contre Xerxès et sa massive armée perse. Malgré leur faible chance de réussite, leur courage et leur esprit de sacrifice inspirent tous les peuples de la Grèce antique, qui s’unissent contre l’ennemi Perse, posant ainsi les bases de la démocratie...

 

La volonté de puissance

    On n'est pas certain que Zack Snyder ait bien entrevu l'ensemble du matériel explosif qu'il tenait entre les mains lorsqu'il décida d'adapter la bd de Frank Miller. Déjà dans son remake du Zombie de Romero, Snyder avait consciemment ou non expurgé toute contestation sur la consommation dans son Dawn of the Dead (L'armée des morts). Avec 300, la promesse d'un blockbuster empli de testostérone, d'invectives barbares et d'hémoglobine, "sans aucune contextualisation politique" dixit lui-même, le réalisateur, faisait un peu sourire mais on attendait quand même le gros morceau "charale" qu'on nous promettait. Promotion bulldozer, relayé via internet par l'ensemble de la communauté geek, 300 était déjà auréolé d'un statut culte bien avant sa sortie. Il ne faut pourtant pas se leurrer, Miller, pape de l'outrance, a bel et bien torché un gros morceau réactionnaire sur papier. Difficile de l'ignorer et il ne faut donc pas s'attendre à un court d'histoire sur la bataille des thermopyles. Il s'agit ni plus ni moins d'un péplum hagiographique, ventant les mérites de l'eugénisme, où le traître ne peut être qu'un Sinoc passé au travers de la sélection. En face des spartiates bodybuildés comme des statues, les perses se présentent immondes et difformes, la lie de l'humanité en somme.

    L 'ensemble est enroulé dans un pompiérisme vaguement assourdissant (la musique claironné à fond les trompettes). La volonté du metteur en scène paraît claire, lessiver l'œil et par là même occasion l'intellect de son audience, la rassasier d'images à l'esthétique certes terrassante mais évidée de sens. Le spectateur ne doit plus raisonner mais lever le bouclier d'une seule voix, quasi impossible d'échapper au labourage servile du message ultra appuyé. Qu'on ne prête plus gare au sacrifice du guerrier au profil très aryen et à l'idéal de la mélopée guerrière façon Dieux du stade de Leni Riefenstahl, qui fut, rappelons-le, la cinéaste officielle de la propagande nazi. Fuir l'analogie dans sa représentation est peu aisée : même glorification de la puissance martiale, même travelling et contre plongée sur la virilité des athlètes, notamment au travers de l'exaltation et du culte du corps. 300 a certains relents fachos ? Un peu, tant le second degré incisif et subversif, tel un Paul Verhoeven sur Starship Troopers n'a pas lieu d'être ici. On sert plutôt la soupe du côté de chez Nietzsche avec le "surhomme" et "la volonté de puissance". Et de fait, au final on s'en brosse un peu, tant 300 est un gros film bourrin décadent qui fonce tête baissé.

    Passé cet intermède critique (malheur a ceux qui n'interrogent pas l'image, dans ce cas mythifié à l'extrême portant un lourd sens symbolique), on peut tranquillement goûter au plaisir primaire de voir deux armées se rentrer dedans, dans une rage et une logique directement issue du jeu vidéo (on pense beaucoup à God of War). Dans son approche violente sans concession, le film rejoint Conan le barbare de John Milius, même si esthétiquement, il pille la trilogie Lord of the Rings de Peter Jackson un plan sur deux (armée à perte de vue, photo or et bleue, très fantasy) ou encore le Gladiator de Ridley Scott (le champ de maïs, même tambouille d'esthète publicitaire que chez son aîné). Si l'on excepte quelques fautes de goût plastique particulièrement hideux - toc de mise en scène de clipeur hors sujet comme sur la scène de transe de l'oracle (on est pas loin de l'imagerie gay d'un clip Mylène Farmer), de ralentis trop appuyés - le reste est très efficace grâce à une caméra qui suit parfois en plan séquence avec une innervation pulsionnelle le déplacement des combattants au cœur de la mêlée. La puissance d'un tel procédé est résumé dans un plan bref mais saisissant, les spartiates avancent coûte que coûte, alors que les perses les arrosent de grenades venant se pulvériser contre leurs boucliers, les flammes rasent les hommes, les projectiles passent, le mouvement reste. Belle énergie quand même de cette hétérogénéité inter-média fusionnée. Cédric Gentaz

 

 

 

■   ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■    ■

Copyright © 2005 - Tous droits réservés : Siteducinephile@aol.com ; association "loi 1901" JUILLET pour qui de droit

 

quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  La Revue du Cinéma