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France/Allemagne,
2006, de et avec Julie Delpy ainsi que Adam Goldberg, Daniel Brühl, Marie
Pillet, Albert Delpy...
Résumé : Marion, photographe
d’origine française, vit à New York avec Jack, un Américain. De retour
d’un voyage à Venise, ils s’arrêtent pour deux jours à Paris. Ils
doivent récupérer leur chat laissé en pension chez les parents de Marion.
Juste au-dessus de l’appartement de ses parents, la jeune femme a son propre
appartement où elle s’installe avec Jack. Commence alors pour ce dernier un
week-end étrange dans le monde de sa petite amie. Un autre monde. Il lui faut
d’abord survivre dans l’appartement vétuste et moisi de Marion puis faire
la connaissance de ses « beaux-parents », hippies sur le retour qui
s’amusent à le provoquer.
L'auberge parisiano-new-yorkaise Deuxième long métrage de Julie Delpy en tant que réalisatrice après Looking for Jimmy (2000), 2 Days in Paris reste un film à petit budget mais quitte le recours au numérique et l'agaçant filmage au point. S'il conserve tout de même de Looking for Jimmy l'aspect road movie (l'on passe ici de Los Angeles à Paris), 2 Days in Paris en déploie le symbole sur le long itinéraire sentimental traversé par Marion. Faisant visiter à son petit ami new-yorkais la capitale française, celle-ci l'emmène malgré elle à la découverte de ses conquêtes intimes passées ; ayant conservé ses anciens amants comme amis, Marion les présentera au fil des rencontres à Jack qui en déduira que la vision qu'il se faisait de l'amour à la française n'avait rien d'une caricature. Pourtant l'une des forces de 2 Days in Paris consiste déjà à se jouer des clichés français et américains. Le new-yorkais passe pour un individualiste cynique et la français pour une insaisissable french lover. Au four et au moulin (scénariste, actrice, réalisatrice, monteuse et compositrice), Julie Delpy s'oppose à travers 2 Days in Paris au Dans Paris de Christophe Honoré. Bavard comme un film new-yorkais, 2 Days in Paris l'est mais ne s'avère pas moins truculent. Mélangeant à la fiction de son film une représentation autobiographique (Julie Delpy utilise ses propres parents dans le prolongement de leur rapport réel et exploite sa double culture franco-amricaine), la réalisatrice réalise avec des bouts de ficelles et son efficacité d'actrice (les dialogues semblent plus improvisés qu'écrits) un film qui parle déjà à toute l'Europe. S'il peut un tant soit peut pâtir de son aspect carte postale (le revers de la caricature) comme L'auberge espagnole de Cédric Klapisch (espérons que Julie Delpy ne commettra pas l'imper d'imaginer une suite), 2 Days in Paris n'en demeure pas moins un film au point de vue déstabilisant pour les hommes, rétrogradés ici au rôle de spectateur quand ils épousent habituellement celui d'acteur. Anne Ségolène
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